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Description: Blog d'information destiné aux étudiants en commerce international,aux enseignants et PME. Il aborde selon des thématiques précises les nombreux aspects (droit, vente, recherche et identification des sources d'information, logistique, financements, web 2.0, sécurité, chaîne de valeur, RH, gestion des opérations)du commerce international.Un contributeur régulier est l'économiste en chef d'Exportation et Développement Canada
Créé par peterka on 16/01/09 13h32
Modifié 10/05/12 09h21
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Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Si la prospérité du dernier cycle économique a relégué les dépenses publiques au second plan, la récession les a ramenées sur le devant de la scène. Au premier acte, elles étaient les héros de la pièce qui se jouait et sauvaient une économie mondiale à la dérive. Maintenant, elles ont le mauvais rôle, car le remboursement des largesses budgétaires freine la croissance économique, alimente les craintes à court terme et fait chuter des gouvernements. Pour la plupart, ce n’est que le tout début d’un acte qui n’est pas prêt de finir.

L’effet de la réduction des dépenses publiques sur les perspectives à court terme est terrible. L’austérité en Europe, sans doute la plus connue et la plus médiatisée, devrait amputer la croissance du PIB d’environ 1,4 % cette année, puis de 0,5 % en 2013. Aux É.-U., où les réductions sont encore plus importantes, le PIB perdra 1,3 % du PIB en 2012 et, même si nous pensons que ce sera encore 1,5 % l’année suivante, certains croient que le recul pourrait être de 2,5 %. L’Amérique a l’avantage d’un potentiel de croissance plus élevé, ce qui signifie que ses réductions ne l’entraîneront pas dans une récession, contrairement à l’Europe.

Les marchés émergents ont eux aussi beaucoup compté sur les dépenses publiques depuis quelques années. Cependant, les principales économies en développement étaient généralement au milieu d’énormes programmes d’infrastructure qui continuent d’avoir pour effet d’atténuer la récession et ils ont, pour la plupart, les moyens de leurs programmes. Donc, le retrait de mesures budgétaires devrait être globalement négligeable à court terme sur les marchés émergents.

Si les compressions ne font que commencer dans les pays occidentaux, que donneront-elles? Qu’elles soient directives ou automatiques, les programmes de relance touchant à leur fin, ces compressions frappent leurs économies avant même la reprise. Les populations réagissent en Europe et, moindrement, ailleurs aux effets des mesures qui commencent à se faire ressentir, notamment dans l’emploi. Le week-end dernier, la France a lâché son président, lui préférant un genre plus socialiste, et la Grèce a voté pour des partis anti-austérité. L’agitation générale donne à penser que les électeurs n’ont pas fini d’exprimer leur mécontentement.

Les changements politiques récents modifieront-ils le paradigme budgétaire? Les marchés s’affolaient à l’ouverture cette semaine, et leur comportement influencera la politique future. Les grands pays veulent éviter à tout prix des déboires avec les agences de notation et le risque d’une vente massive de leurs obligations. Les nouveaux dirigeants risquent d’avoir peu de nouvelles options budgétaires et guère d’autres moyens de calmer les électeurs, autrement dit d’être, au fond, coincés dans une « nouvelle norme » sur laquelle pèse la nécessité pour les gouvernements de rééquilibrer leurs finances. Mais est-ce bien le cas?

L’arrêt des mesures de relance cache une croissance du secteur privé plus élevée. Malgré les compressions importantes du secteur public, on enregistre actuellement aux É.-U. un pourcentage d’augmentation à deux chiffres des commandes des usines et des ventes sur le marché du logement et sur celui de l’automobile. Résultat, même la croissance de l’emploi est positive cette année. Il s’agit d’une forte croissance sous-jacente qui alimente en fait l’économie américaine, dont la croissance n’a rien de spectaculaire par ailleurs avec 2,6 % cette année et 3 % prévus en 2013. La croissance sous-jacente s’établit plutôt à 4-4,5 % – ce qui ressemble beaucoup plus à une économie qui se remet de ses maux. Les chiffres ne sont pas aussi bons en Europe, mais par voie de conséquence, l’économie sous-jacente se maintient au-dessus de la ligne de récession, signe qu’il continue d’exister des possibilités sur ce marché.

C’est cette économie qui se porte mieux qui est le moteur de l’activité commerciale. C’est peut-être pourquoi, contrairement à ce qu’on lit dans les médias, beaucoup d’entreprises au Canada et ailleurs voient sensiblement augmenter l’activité commerciale. Si tel est le cas, nous devrions nous préparer à ce que ce regain continue.

Conclusion? Les compressions budgétaires considérables auxquelles on assiste actuellement font oublier un secteur privé qui connaît une meilleure croissance et qui dirige l’économie mondiale vers une vraie reprise. Profitez de ce regain de croissance et préparez-vous à bien plus.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Quand les économies avancées ont vacillé et plongé lors de la grande récession, les espoirs se sont reportés sur les pays BRIC en forte croissance. Et ils n’ont pas déçu, du moins jusqu’à tout récemment. Aujourd’hui, les statistiques révèlent que ces puissances émergentes sont en perte de vitesse – un ralentissement qui a des conséquences notables à l’échelle mondiale. Les étoiles de la dernière décennie sont-elles vraiment des moteurs de la croissance mondiale ou sont-elles en train de perdre de leur éclat?

La Chine ralentit la cadence en raison de la morosité du marché de la construction résidentielle et de l’ampleur de la modération de la demande européenne. Sa croissance, toujours impressionnante, passera de 9,2 % en 2011 à 7,7 % en 2012. Elle s’est cependant établie à tout juste 6,6 % au premier trimestre, soit à peine au dessus de l’indicateur de récession pour la Chine. Le pays reste donc à la merci d’une aggravation de la situation en Europe, mais on s’attend à ce qu’il évite un recul : les nouveaux dirigeants pourraient décider de recourir – et ils le feraient sans doute – à de nouvelles mesures de relance d’envergure pour éviter une telle situation et l’agitation intérieure qu’elle provoquerait.

La Russie est encore plus exposée à la faiblesse européenne. Comme près de la moitié de ses échanges commerciaux se fait avec la zone euro et 75 % de ses IDE provient des membres de l’UE, les prévisions de croissance de l’économie russe ont été ramenées à
3,7 % pour 2012. Là encore, on fera appel à des mesures de relance budgétaires. La réélection de Vladimir Poutine a réduit l’incertitude politique à court terme, et il est probable que le nouveau président russe contiendra l’opposition intérieure par une forte hausse des dépenses sociales. Le très ambitieux programme de
160 milliards de dollars est un antidote efficace aux problèmes économiques de la Russie, mais c’est aussi un énorme risque financier, car le pays doit tabler sur un cours du pétrole brut de type Brent à 120 dollars le baril pour assurer son équilibre budgétaire.

Malgré une légère accélération de l’activité au quatrième trimestre de 2011, le Brésil a vu son économie progresser d’à peine 2,7 % en glissement annuel, ce qui est bien loin du formidable taux de 7,5 % observé en 2010. Les chocs extérieurs sont moins problématiques sur ce marché où le commerce international ne représente que 20 % du PIB. Les difficultés du Brésil se situent plutôt sur le marché intérieur. Le vigoureux durcissement des politiques a réussi – sans doute avec une efficacité excessive – à refroidir l’économie intérieure. Le gouvernement doit maintenant s’efforcer de faire redémarrer la consommation, principal moteur de la croissance, en revenant à pas mesurés à la politique antérieure. Il devrait ainsi parvenir à empêcher un repli plus marqué, mais le Brésil affichera tout de même une croissance décevante de 3,1 % cette année.

L’Inde fait-elle exception? Ce n’est malheureusement pas le cas. Comme pour le Brésil, le tassement de la croissance indienne tient davantage à la dynamique intérieure. L’impasse politique à New Delhi ne fait que s’accentuer à la faveur des récents gains des partis régionaux. Les derniers scandales de corruption et l’incapacité à améliorer sensiblement l’environnement réglementaire et commercial découragent l’investissement étranger. De plus, la crise a freiné l’accès à des capitaux à long terme auprès d’institutions financières européennes, ce qui menace la mise en œuvre d’importants projets d’investissement. Pourtant, l’élan intérieur est suffisant pour éviter un atterrissage difficile. Mais si les progrès des réformes structurelles sont interrompus de manière plus durable en Inde, la coqueluche des pays BRIC risque d’y perdre un peu de son panache.

C’est là une quasi-certitude : tout ralentissement soudain de l’économie des pays BRIC serait synonyme de récession mondiale; or, ce scénario est improbable. Les mesures de relance prises par les États limiteront les dégâts. Une contraction passagère aura probablement pour effet d’atténuer les pressions inflationnistes et donnera aux pays BRIC une rare occasion de repenser leurs politiques économiques afin de favoriser une croissance plus stable et plus durable.

Conclusion? Le ralentissement des pays BRIC vient nous rappeler que même si la croissance « de rattrapage » supérieure de ces nations permet de relever la croissance moyenne mondiale, ces économies doivent se développer davantage avant de devenir des
« locomotives » à part entière. Heureusement, ils ont assez de ressources pour continuer à avancer jusqu’à ce que démarrent les véritables moteurs de l’économie mondiale.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef

Fulgurante. Ainsi peut-on qualifier la vitesse à laquelle se transforme le commerce international depuis deux décennies. Cette mutation rapide entraîne une refonte des modèles du commerce transfrontalier et soulève, dans le même temps, une grande confusion à propos des définitions classiques du commerce international. Dans ce contexte de changement frénétique, est-il possible de savoir ce qu’est réellement un exportateur de nos jours? Voilà une tâche difficile, mais essayons tout de même de la mener à bien.

Voyons d’abord les anciennes définitions, quand tout était beaucoup plus simple. Le commerce international consistait surtout à expédier des matières premières et des produits finis à l’étranger. Les matières premières étaient acheminées de leur source aux quais de chargement des usines afin d’y être transformées en produits finis, qui étaient par la suite envoyés à l’utilisateur final se trouvant dans un autre pays. À cette époque, où les concepts se formulaient plus simplement, dominait une certaine façon de penser dont nous avons encore du mal à nous débarrasser : les exportations sont bonnes et les importations mauvaises, et l’objectif ultime est donc d’afficher des excédents commerciaux élevés. Voilà l’essence du mercantilisme, et le commerce international actuel n’a sans doute pas de pire ennemi. Heureusement, la transformation du commerce contribue de plus en plus à changer cette vision des choses.

La technologie est ce qui a vraiment modifié les règles du jeu. Elle a mené à une réorganisation des modes de transport au fil de plusieurs générations si bien qu’aujourd’hui il est désormais possible de transporter des gens à des coûts nettement plus bas, plus souvent, plus vite et plus efficacement. Et il en va de même pour les biens. Le transport multimodal des biens, d’un point à un autre de la planète, est devenu un art bien maîtrisé qui accélère la rapidité des mouvements, abaisse les coûts et permet une livraison fiable et juste à temps. Les progrès des communications se multiplient à une vitesse exponentielle. Résultat : nous pouvons acheter, vendre et produire à partir de plates-formes internationales qui tournent toujours quelque part, 24 heures par jour, sept jours sur sept, et effectuer des paiements avec la plus grande facilité. Voilà un univers complexe et un peu étourdissant, mais qui ouvre la porte à de formidables possibilités.

Alors, comment la définition d’un exportateur a-t-elle changé? D’abord, le commerce des biens intermédiaires est en train d’exploser. Sachant qu’elles peuvent fabriquer des pièces et des composants partout dans le monde, les entreprises optimisent leur production dans des chaînes d’approvisionnement qui s’étendent dans plusieurs pays. Il est difficile de déterminer l’évolution des données globales, mais il apparaît clairement que le secteur des composants a révolutionné le commerce asiatique et qu’il dépasse maintenant les échanges commerciaux liés aux biens finaux. Cela signifie que les exportateurs actuels sont aussi bien souvent de gros importateurs. À preuve, au Canada, la part des importations dans les biens destinés à l’exportation est passée de 40 % en 1989 à 47 % en 2008.

Les exportateurs peuvent obtenir ces biens intermédiaires de plusieurs façons. Ils peuvent les sous-traiter à d’autres entreprises, impartissant complètement certains éléments du processus de production. Mais un grand nombre d’exportateurs décident plutôt de déployer leur production internationale au moyen de partenariats, de coentreprises ou de filiales en propriété exclusive et, bien souvent, ce que les exportateurs importent est destiné à leur propre usage. Cette présence internationale oblige les exportateurs à se lancer dans une autre activité : investir à l’étranger. Depuis 20 ans, les flux mondiaux d’investissement direct étranger ont enregistré une hausse annuelle de 8.9 % alors que l’investissement direct canadien à l’étranger a progressé de 10.0 %.

Les exportateurs ne s’arrêtent pas là. Ils utilisent leurs nouvelles têtes de pont de production à l’étranger pour vendre sur les marchés mondiaux. Ces ventes ne sont pas considérées comme des exportations, mais plutôt comme des ventes de sociétés affiliées à l’étranger. Pour le Canada, ce type de ventes a dépassé les exportations pour la première fois il y a seulement 3 ans – et la tendance est probablement irréversible.

Conclusion? Vu la rapidité du changement, il circule bon nombre d’idées erronées à propos du commerce international. La progression actuelle du commerce peut, elle aussi, rendre difficile la distinction entre les activités intérieures et les exportations des entreprises. Qu’on le veuille ou non, la définition de l’exportateur continuera de changer. En suivant son évolution, nous nous assurerons de rester dans la course et de ne pas nous faire devancer par nos concurrents.
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Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
La situation a un air de déjà vu. L’économie américaine montre des signes vitaux très encourageants et voilà que les cours du pétrole se remettent à monter. Si, comme dans les épisodes précédents, les récentes hausses des cours persistent, ils suffiront à saper la croissance américaine et mondiale cette année. Alors, que faut-il penser de la dernière flambée des prix?

Les derniers ravages des cours pétroliers remontent à 2007. Après seize longues années de croissance de l’économie mondiale, bon nombre d’analystes ont émis l’hypothèse que l’or noir commençait à se raréfier. Les prix sont passés de 60 USD le baril au début de l’année à 90 USD à la fin de l’année pour ensuite franchir la barre des 100 USD au début de 2008; en juin, le cours du WTI atteignait 147,50 USD. Les prédictions d’un baril de pétrole à 200 USD avant la fin de l’année ont fait les manchettes, mais ce n’était que du vent : la récession a plombé les prix si bien que la manne du Texas se vendait à moins de 40 USD le baril en février 2009.

Le brut est vite remonté à 75 USD le baril, et il est resté à ce niveau jusqu’à ce que l’accélération de l’élan économique à la fin de 2010 le pousse autour de
85 USD. Le Printemps arabe a fait grimper le cours mensuel moyen du WTI à 110 USD en avril, ce qui a créé un écart inhabituel entre le Brent et le WTI – écart qui n’est toujours pas comblé. Il est facile de l’oublier, mais les prix se sont tassés à nouveau, et le WTI est revenu autour de 85 USD au milieu de 2011.

De toutes ces fluctuations récentes des cours, la variation actuelle est la moins spectaculaire. Les inquiétudes suscitées par le programme nucléaire iranien et une possible riposte militaire conjuguées aux craintes de répercussions géopolitiques du conflit interne en Syrie ont porté les cours du brut à des niveaux à trois chiffres. Résultat : aujourd’hui, le WTI se maintient tout juste au-dessus de 100 USD, mais il ne semble pas trop savoir où il va atterrir.

Dans pareil contexte, les prophètes de malheur ne manquent pas d’évoquer des pénuries de l’offre, l’atteinte du pic pétrolier et l’effondrement inévitable de l’approvisionnement lorsque la reprise arrivera. Ont-ils raison? Les stocks mondiaux ont effectivement baissé depuis un an, ce qui a déclenché la sonnette d’alarme. Le niveau des unités flottantes de stockage a grimpé en flèche lors de la récession, mais les excédents ont maintenant été épongés. Le pétrole en transit a diminué lui aussi, et les stocks terrestres sont en constants déclins depuis un an. Est-ce là un mauvais signe? Pas vraiment. Le plongeon des stocks se concentre surtout en Europe et il s’est amorcé lorsque le conflit a coupé l’accès au brut libyen. Toutefois, la plus grande partie du pétrole libyen est revenu sur le marché, et les stocks se sont stabilisés à des niveaux généralement considérés comme normaux.

Les perceptions de menaces à la production ont également contribué à la nervosité des marchés. Jusqu’ici, ces craintes sont démenties par les données. Malgré les inquiétudes au sujet de l’Iran et de la Syrie, les flux pétroliers ont à peine été perturbés. L’Arabie saoudite a accru sa production pour pallier l’absence du pétrole de la Libye et, même si les trois quarts du pétrole libyen sont revenus sur les marchés, le pétrole saoudien continue de couler à flot. Ailleurs, la production est stable ou en hausse, ce qui a permis à l’offre mondiale de devancer sans problème la demande depuis quatre mois.

Pourtant, certains analystes se préoccupent des cours élevés actuels et craignent qu’une véritable reprise n’accentue ce mouvement à la hausse. Or, ce point de vue est valable à la condition que l’on considère les cours actuels comme réalistes. Il est cependant difficile de croire que les immenses liquidités présentes sur le marché ne contribuent pas à alimenter la spéculation. Si la reprise entraîne l’absorption de ces liquidités par les banques centrales et leur redéploiement par le secteur privé, on pourrait assister à un réel déclin des cours pétroliers.

Conclusion? Les cours élevés du pétrole menacent la croissance mondiale, mais seulement si cette conjoncture pétrolière persiste. La réalité de l’offre et de la demande laisse entendre que ces cours sont exagérés. Si le facteur peur se dissipe, il faudra s’attendre à une correction.
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Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Malgré une résilience à toute épreuve lors de la récession, la Chine voit maintenant son économie se ralentir. Les prévisions s’assombrissent rapidement, les plus récentes venant des dirigeants chinois eux-mêmes. Lundi, au Congrès national du peuple, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a abaissé la cible de croissance pour 2012 à 7,5 %, soit un demi-point au-dessous de l’objectif officiel de longue date et des prévisions actuelles d’EDC. Faut-il à nouveau prendre des calmants?

Quand on examine les données récentes sur le PIB, la décélération semble très graduelle. Depuis le dernier trimestre de 2010, la croissance d’une année sur l’autre est passée de 9,8 % à 8,9 % au dernier trimestre de 2011. À première vue, ce résultat est encore impressionnant. Le problème, c’est qu’il masque de nombreux événements survenus tout au long de l’année. Les dernières statistiques sont moins certaines, la croissance annualisée se situant entre 8 et 9 %. Pourtant, les statistiques sont conformes aux cibles officielles et restent solides.

Les données plus fréquentes sont plus inquiétantes. La production industrielle progressait à un taux annuel de 15 % au premier semestre de 2011, mais elle a fini l’année à 12,8 %, signe d’une détérioration notable au deuxième semestre. Les investissements en immobilisations dans les régions urbaines semblent prodigieux avec un taux de croissance de 23,8 % en décembre dernier, mais c’est moins que la poussée de presque 26 % de mai dernier – autre signe d’une décélération constante. La croissance des exportations
s’est affaiblie au dernier trimestre de 2011 et la croissance des importations a diminué de moitié en décembre. Les exportations comme les importations ont décliné en janvier, fait rare et probablement attribuable aux variations saisonnières vu le moment où le Nouvel An chinois est tombé cette année. La tendance reste toutefois préoccupante puisque des statistiques de ce genre sapent l’élan que la Chine prend d’habitude en début d’année et provoquent des révisions à la baisse des prévisions.

La faiblesse est-elle interne ou externe? Les problèmes de la demande étrangère sont évidents dans les statistiques du commerce international. Les exportations vers l’Europe continentale ont chuté, et la situation semble empirer plus la destination est au Sud. Mais ce n’est pas tout : le commerce intrarégional est en berne lui aussi; les exportations vers les pays membres de l’ANASE sont passées d’une croissance de 20 % au point mort, tandis que les exportations vers Hong Kong ont fait une volte-face spectaculaire, passant d’une solide croissance positive à un déclin de 16 %. Contrairement au commerce avec l’Europe, le commerce intrarégional subit sans doute le contrecoup temporaire des perturbations de la chaîne d’approvisionnement occasionnées par les inondations en Thaïlande.

Mais les difficultés de la Chine ne sont pas toutes importées. La construction résidentielle a grimpé pour répondre à la demande colossale de logements. Les achats excessifs sont bien connus depuis des années, mais depuis le début de 2010, les ventes se sont de plus en plus laissé devancer par la construction, ce qui a créé un stock évalué à 8 mois. Les prix ont réagi : en décembre dernier, dans un sondage visant 70 villes, les prix des logements ont décliné dans 55 villes et, dans la moitié des cas, il s’agissait du troisième déclin mensuel successif. Les données pour janvier étaient stables ou à la baisse. Les analystes du marché s’attendent à ce que les prix déclinent de 20 à 30 % – ce qui est alarmant dans un marché habitué à monter.

Un examen plus approfondi du profil de la croissance récente de la Chine révèle une fragilité bien enracinée. En 2008, le commerce a beaucoup souffert de la récession mondiale, et les mesures de relance sont arrivées à la rescousse. Les échanges commerciaux ne se sont pas encore remis complètement et ils restent d’ailleurs tributaires de l’évolution de l’économie mondiale. Dans cette zone de croissance délicate, la Chine dépend de manière démesurée de l’efficacité des mesures de relance – et elle continuera d’en dépendre, tant que la reprise réelle ne s’installera pas.

Conclusion? La Chine peut se permettre de stimuler à nouveau son économie, mais elle doit trouver un juste milieu entre stabiliser les prix et perpétuer les excès. Les succès limités des mesures visant à inciter les consommateurs à jouer un plus grand rôle dans l’économie globale signifient que le remède aux maux de la Chine est plutôt une économie mondiale qui finit par se remettre sur la voie de la croissance.
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Certains des revers essuyés par le Canada sont le lot de toutes les nations commerçantes. D’autres difficultés sont propres au Canada et, en ce sens, elles sont plus déterminantes. Il est donc vital de comprendre où se situe le Canada par rapport au reste du monde, tout particulièrement dans un contexte de turbulence à l’échelle internationale. À première vue, les statistiques ne sont pas encourageantes. La part du Canada dans le commerce mondial est en diminution : de 4,0 % en 2000 elle est descendue à 2,8 % en 2010. Y a-t-il une explication évidente à cette contraction ou doit-on plutôt y voir la confirmation que nous perdons du terrain sur la scène mondiale?

Ce qui ressort le plus des données, c’est le déclin de la part de nos échanges avec les États-Unis. Les exportations canadiennes en pourcentage du total des importations américaines n’ont cessé de reculer, passant de 19,5 % au milieu des années 1990 à un peu plus de 14 % en 2010. La vigueur du dollar a eu des effets dévastateurs sur nos ventes aux États-Unis puisque la sensibilité des prix chez nos voisins a augmenté et les biens chinois sont devenus de plus en plus attrayants. La récession a retranché 1,5 point de pourcentage supplémentaire à notre part. Un certain tassement est normal vu la participation accrue des marchés émergents à l’économie mondiale, mais l’ampleur de notre dégringolade sur le marché américain dépasse les attentes.

La part du Canada dans le commerce de la zone euro est beaucoup plus faible. En 1990, nos exportations y représentaient seulement 0,7 % des importations. Cette part s’est érodée peu à peu depuis 20 ans si bien qu’elle est maintenant de 0,4 %. Ce recul s’explique facilement par l’intégration accrue de l’Europe et la montée des marchés émergents. Vu l’état actuel de l’économie européenne, cette stabilité pourrait être suspecte à court terme, mais les négociations de libre-échange en cours pourraient améliorer les perspectives à long terme du Canada.

À la lumière de la diversification spectaculaire du commerce auprès des marchés émergents, faisons-nous mieux dans ces économies en ébullition? La croissance de nos exportations y est généralement spectaculaire, mais, malgré tout, nos parts y sont aussi à la baisse. Entre 1990 et 2010, notre part des importations est respectivement passée de 2,1 % à
1,5 % au Brésil, de 2,8 % à 1,1 % en Chine, de 1,3 % à 0,6 % en Inde et de 1,1 % à 0,6 % en Russie. Voilà qui est déconcertant, mais ce tableau met également en évidence la progression du commerce entre ces marchés. Comme ils affichent une croissance annuelle du PIB plus élevée, il est logique que la part du Canada diminue. Le Canada est toujours dans la course : il est présent, mais de plus en plus par la voie des ventes de ses sociétés affiliées à l’étranger. Et ces ventes dépassent non seulement la croissance des exportations, mais elles sont aussi maintenant supérieures en volume.

À cela, il y a toutefois une exception notable : les ventes à l’exportation à destination du Mexique attirent l’attention parce qu’à un taux moyen de 8 % au cours de la dernière décennie, elles sont bien inférieures à la croissance sur d’autres marchés émergents. Mais en pourcentage de l’ensemble des importations mexicaines, cette part a, en réalité, nettement augmenté depuis 20 ans, progressant de 1,3 % à 2,9 % – soit une hausse impressionnante qui devrait faire réfléchir les détracteurs de l’ALENA.

Conclusion? Il est trop tôt pour regretter la diminution de la part des exportations du Canada dans le monde. Cette baisse est en partie naturelle et en partie compensée par les ventes de nos sociétés affiliées à l’étranger. Nous devons cependant nous assurer que si notre part continue à fléchir, cette glissade est normale et positive, et pas le contraire.
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Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Les nombreuses données publiées la semaine dernière ont confirmé ce que la plupart présumaient : l’Europe est en récession. Pis encore, les chiffres portent sur les trois derniers mois de l’année et constituent un tremplin très décevant à l’aube d’une année qui apportera son lot de faiblesses. Peu de membres de cette région économique échapperont au ralentissement de cette année et beaucoup craignent une contagion hors de la région.

Depuis l’étonnant soubresaut du premier trimestre de 2011, l’économie européenne n’a cessé de dégringoler. La croissance a avancé péniblement de 0,2 % au deuxième trimestre et a été à peine positive de juillet à septembre. Les trois derniers mois de l’année ne faisaient aucun doute, puisque les chiffres provisoires montraient une baisse de la production de 0,3 %. Les effets combinés des perturbations économiques de l’an dernier, de la fin des programmes de relance et du début d’importantes mesures d’austérité ont pesé lourdement sur la performance globale. Malheureusement pour la région, les compressions publiques sont loin d’être terminées.

Les boulets qui ralentissent la zone comprennent la liste bien connue des pays en difficulté. La faiblesse de la Grèce est presque inimaginable, le plongeon de 6,8 % l’an dernier suivant des contractions de 3,3 % en 2009 et de 3,5 % en 2010. Et le carnage n’est pas encore terminé, puisque le consensus chez les prévisionnistes est un nouveau recul de 4,4 % cette année, et que seuls les courageux prévoient une contraction modérée en 2013. Le Portugal n’a pas subi autant de revers, mais la contraction pourrait friser les 4 % cette année. Vient ensuite l’Espagne : la baisse au quatrième trimestre de l’an dernier en incite plusieurs à s’attendre à un recul de la production de 1-2 % en 2012, ce qui porterait un dur coup à la quatrième économie de la zone. Seule l’Irlande pourrait s’en tirer avec un très léger déclin.

Une question cruciale pour l’Europe est l’effet de la faiblesse périphérique sur les pays du centre. L’appel incessant pour obtenir des fonds de sauvetage auprès des économies les plus fortes, conjugué aux effets directs des liens commerciaux étroits entre les pays et au besoin des économies du centre d’appliquer l’austérité budgétaire chez elles, laisse croire que la croissance dans les grandes économies sera tout au mieux anémique. L’Italie est la plus mal en point, avec une contraction troublante au quatrième trimestre, ce qui laisse présager un brusque déclin de plus de 1 % cette année. On prévoit maintenant que la France piétinera cette année, tandis que la récente mollesse maintiendra la croissance de l’Allemagne à moins de 1 % en 2012.

La plupart des autres économies de la région espèrent toujours de faibles croissances positives cette année. Les économies de la monnaie commune se croisent les doigts, tandis que celles qui sont hors de l’union monétaire ont des chances un peu meilleures. Jusqu’à présent, les perspectives sont plutôt ternes. Y-a-t-il des exceptions? Aidée par les cours élevés du pétrole, la Norvège devrait constater une croissance confortablement au-dessus de 2 % cette année. Et l’Islande est une agréable surprise, puisque l’OCDE projette une croissance de 2,4 % cette année et l’an prochain.

Ces anomalies permettent-elles de penser que le reste du monde pourra compenser le déclin de l’Europe? D’après le FMI, c’est une question d’endiguement. Si les problèmes financiers peuvent se limiter aux pays de la périphérie, si l’interconnectivité bancaire est contenue elle aussi et si les mesures continues visant à empêcher une contagion générale sur les marchés financiers sont fructueuses, et jusqu’à présent les résultats sont positifs pour chacun de ces facteurs, alors la production économique dans le reste du monde ne devrait pas être trop perturbée.

Conclusion? Il ne fait aucun doute que l’Europe aura la vie dure en 2012. Chaque jalon financier mettra à l’épreuve les marchés financiers et la volonté de la population de supporter une période d’austérité profonde. Le reste du monde mise lourdement sur un dénouement heureux.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Il faudra s'y habituer parce qu'il prend vite sa place dans la langue commerciale internationale. Eh oui, il y a encore un autre acronyme à apprendre, mais ce n'est pas qu'un mot à la mode bien éphémère. Le Partenariat transpacifique, ou le TPP, est là pour rester, et il prend de la vitesse. De quoi s'agit-il et pourquoi est-il important pour le Canada?

D'abord, il est énorme. Le Partenariat transpacifique (TPP) est un très ambitieux accord de libre-échange régional qui touche les Amériques, l'Asie et l'Océanie. Il a démarré en 2006 avec quatre membres fondateurs – le Brunéi, le Chili, la Nouvelle-Zélande et Singapour. En l'absence de poids lourd, il a piétiné pendant un certain temps. Mais le vent a tourné récemment et l'élan grandit.

Et de plus, cinq autres pays – l'Australie, la Malaisie, le Pérou, les États-Unis et le Vietnam négocient pour en faire partie. Désormais, les États-Unis se font les apôtres du TPP, qu'ils considèrent comme une façon de s'engager à nouveau en Asie. Les déclarations du président Obama aux sommets régionaux de l'APEC et de l'ANASE l'automne dernier ont élevé grandement le profil du TPP. Le Japon et le Mexique ont aussi exprimé leur désir d'adhérer au TPP. Les ouvertures du Japon sont d'autant plus notables que le secteur agricole japonais très protégé va à contre-courant des grands principes du TPP. Le PIB combiné de tous les candidats au TPP dépasse celui de l'UE. Si les négociations aboutissent sur tous les fronts, ce groupe serait clairement le plus grand et le plus puissant bloc commercial au monde.

Une autre caractéristique importante est sa portée. Le TPP est qualifié d'accord commercial de la « prochaine génération » et ses normes seraient plus élevées que celles de ses prédécesseurs. Les objectifs comprennent l'élimination des droits de douane sur les biens et services entre les pays participants, ainsi que l'intention déclarée de négocier les modalités dans plusieurs dossiers plus complexes, comme la libéralisation des marchés publics; une protection plus musclée de la propriété intellectuelle; une cohérence réglementaire accrue; des règles sur les entreprises d'État; le traitement des PME; les droits des travailleurs; et la protection de l'environnement.

Le Canada est également intéressé par le TPP. En novembre dernier, au sommet de l'APEC, le Canada a annoncé officiellement son intention de poursuivre les négociations. Les membres du TPP s'en sont réjouis, et le Canada commencera les consultations avec les neuf autres pays. À la fin de l'an dernier, une série de vastes consultations a débuté au Canada.

Les avantages pour le Canada? Nos exportations vers la région de l'Asie-Pacifique, si l'on exclut les Amériques et le Japon, ont augmenté de 10 % par année de 2000 à 2008. Et si l'on enlève l'effet de la récession mondiale de 2009, le taux de croissance récent se situe plutôt autour de 15 % par année. En même temps, la croissance des exportations traditionnelles du Canada n'a presque pas bougé. Ces chiffres illustrent bien la diversification naissante du commerce canadien, qui transforme sans cesse le paysage commercial du Canada. Le TPP pourrait non seulement accroître ce commerce, mais aussi empêcher le déclin probable qu'entraînerait l'exclusion.

D'autres avantages comprennent la possibilité d'influencer l'élaboration de nouvelles stratégies asiatiques; l'accès aux institutions bilatérales et multilatérales qui refont les règles régionales et mondiales en matière de commerce et d'investissement; et la facilitation accrue des stratégies gouvernementales existantes comme l'initiative de la Porte de l'Asie-Pacifique.

Conclusion? Le ralentissement de la croissance mondiale aurait pu facilement donner naissance à un néoprotectionnisme destructif. Mais voilà que nous bénéficions plut&ocorc;t d'un mouvement majeur lié à une nouvelle et importante initiative en commerce. Il fait bon de savoir que le Canada est engagé. Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.


Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Les données sont normalement le meilleur ami de l'analyste. Pourtant, lorsque la nervosité augmente, elles peuvent rapidement devenir son ennemi. Le comportement délirant des données ces derniers temps a contrarié de nombreuses prévisions tout en contribuant à un malaise exagéré et généralisé. Les données du commerce international n'ont pas fait exception : elles sont parties dans tous les sens jusqu'à la fin de 2011. Nous donnent-elles une idée de l'évolution du commerce mondial cette année?

Les fluctuations des prix participent à la turbulence. Les prix jouent un rôle indéniable et peuvent fausser les flux réels des marchandises et des services. Nette des fluctuations de prix, l'activité commerciale récente par rapport à la même période l'an dernier demeure généralement robuste dans le monde entier, sauf en Europe. Les données cumulatives pour 2011 comparativement à celles de 2010 sont beaucoup plus impressionnantes puisqu'elles indiquent une hausse de 6,2 %, l'Europe centrale et orientale, l'Asie et les États Unis menant le bal. Jusqu'ici, donc, tout va bien.

Que penser alors des reportages alarmants et du « facteur peur »? Les inquiétudes récentes sont en partie une réaction aux dernières statistiques. En effet, les données se sont considérablement dégradées vers la fin de l'année. La baisse a été de 3,8 % en taux annuels au quatrième trimestre, et les données sur le dernier mois ne sont toujours pas publiées. Il s'agit d'un recul important, qui a presque cassé l'élan des exportations avant le passage à la nouvelle année. La croissance inhérente au début de 2012 est à peine de 0,3 % contre 3,9 % à la même période l'an dernier. Voilà qui est pour le moins préoccupant.

Les économies ne sont pas toutes dans le même bateau. L'Amérique latine peut se vanter d'afficher une solide croissance à deux chiffres au dernier trimestre; cette progression a fait grimper ses exportations de
5,2 % juste avant la nouvelle année. L'Europe centrale et orientale n'est pas loin derrière, avec une croissance de 4,4 %. Même les États-Unis ont terminé l'année en beauté et commencent 2012 avec une croissance de
2 %. L'Afrique et le Moyen-Orient font de même.

Le tableau est très différent en Europe, où les exportations ont chuté à un pitoyable taux annuel à deux chiffres au dernier trimestre, mettant ainsi fin à une année mouvementée et, au passage, remettant en question les perspectives pour 2012. La volte-face de l'Asie émergente est encore plus déterminante. Les exportations au quatrième trimestre y ont baissé à un taux tout à fait inhabituel de 8,5 %, ce qui a ramené le taux actuel de 2,2 % sous la moyenne de 2011. Le Japon a chuté au taux impensable de 14,2 %. Sans une remontée rapide des exportations asiatiques, les prévisions de l'activité commerciale pour 2012 ne sont guère encourageantes.

Pourquoi un changement si soudain? L'Asie a été secouée par des catastrophes naturelles en 2011. Le commerce s'est redressé de façon remarquable après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le Japon en mars dernier, mais il a vacillé de nouveau après les inondations de fin d'année en Thaïlande. Les chaînes d'approvisionnement dans les secteurs de l'automobile et du matériel informatique ont été perturbées dans le monde entier, mais les effets ont été les plus prononcés en Asie. Les données de décembre indiquent un redressement partiel dans plusieurs économies sensibles au commerce international, mais la pente à remonter pour revenir à la moyenne sera longue.

Si l'on peut se fier à ce qui est arrivé au Japon en 2011, les travaux actuels de reconstruction en Thaïlande permettront une reprise rapide des flux commerciaux. Les statistiques du commerce ailleurs – sauf en Europe – révèlent une demande encore forte; l'élan peut donc être rétabli s'il n'y a pas d'autres interruptions imprévues.

Conclusion? La faiblesse de l'activité commerciale est une mauvaise nouvelle dans un monde qui, ces dernières années, est devenu plus dépendant du commerce extérieur pour assurer sa croissance. Sur certains fronts, la faiblesse est temporaire tandis que sur d'autres, elle est plus systémique. Cette faiblesse devrait vraisemblablement être passagère, ce qui annoncera de meilleurs niveaux de croissance.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.


Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
La turbulence en 2011 a été telle que, pour bon nombre d'entreprises, survivre constitue déjà un exploit. Pourtant, des risques multiples et variés demeurent, et presque toutes les prévisions du début de l'année sont révisées à la baisse. Le résultat ultime étant plus facile à voir que le résultat immédiat, il faut sérieusement se méfier des déclarations audacieuses au sujet de 2012. C'est dans ce contexte délicat que se situent les prévisions à l'exportation d'EDC pour l'hiver 2012.

Pour la plupart des analystes, les risques pèsent beaucoup plus lourd que les possibilités. La turbulence politique accrue – héritage de 2011 – a été encore aggravée par la menace d'un conflit avec l'Iran, au moment même où les États-Unis mettent fin à leur coûteuse intervention en Iraq. Les puissantes économies des pays BRICA ralentissent la cadence tandis que les grandes économies développées peinent à régler leurs difficultés budgétaires. L'accès au financement limite même les projets les plus prometteurs. Et notre vision dichotomique de la conjoncture – le contraste frappant entre la morosité que nous éprouvons et l'activité économique réelle – n'arrange pas les choses.

Malgré cette liste décourageante, nous faisons preuve d'un optimisme prudent à l'égard de la constante progression du dynamisme de l'économie américaine, et ce, pour plusieurs raisons. D'abord, parce que cet élan est bien réel, même si pratiquement personne ne s'y attendait. Ensuite, parce qu'il survient dans un contexte de faiblesse mondiale généralisée. Cette fois-ci, la croissance économique s'accélère sans l'aide de nouveaux programmes de relance publics : elle n'est pas un phénomène limité à un secteur, mais plutôt un mouvement généralisé. Enfin, la hausse de la croissance s'explique par des fondamentaux économiques qui ramènent l'économie américaine à des niveaux d'activité plus normaux.

La faiblesse européenne ralentira la croissance mondiale cette année. Malgré tout, l'accélération aux États-Unis et au Japon portera la croissance dans le monde industrialisé au-dessus du niveau de l'an dernier, ce qui permettra aux marchés émergents de garder le cap. La croissance mondiale devrait donc s'établir à 3,7 %, soit légèrement au-dessus des 3,5 % de 2011. Le dynamisme s'intensifiera au fil de l'année, à moins de grandes interruptions imprévues en cours de route.

Le Canada dépendra davantage de facteurs extérieurs pour assurer sa croissance économique en 2012. Les consommateurs ont grandement soutenu la croissance ces trois dernières années, mais la montée de l'endettement et les tensions du marché du logement pèseront sur les dépenses cette année. Le tassement du cours des produits de base assombrira le commerce extérieur en 2012, ce qui pourrait empêcher le dollar canadien de s'envoler. Nous prévoyons d'ailleurs qu'il se maintiendra autour de 0,98 USD. Conjugué à la hausse de la production américaine et à la croissance acceptable des marchés émergents, ce facteur stimulera les exportations canadiennes à forte valeur ajoutée. La progression des exportations devrait se fixer à 6 % cette année, après une hausse de 11 % en 2011.

Les industries primaires sont un point faible des prévisions. Les exportations d'énergie devraient stagner, celles des métaux augmenter de seulement
3,2 %, tandis que le secteur agroalimentaire devra se contenter d'une hausse de 2,7 %. Mais, dans tous les cas, les prix seront un facteur déterminant. Les expéditions en volume devraient poursuivre leur forte augmentation. Le succès est plus évident dans les autres secteurs. Une activité plus marquée dans le secteur du logement américain fera monter les exportations de produits forestiers de 12 %; le secteur aéronautique devrait quant à lui progresser de 16 %, et l'industrie automobile peut s'attendre à un bond de
21 % cette année.

Conclusion? Au début d'une année où tant de choses pourraient tourner mal, la réserve est de mise. Le Canada est particulièrement vulnérable aux turbulences de l'activité mondiale en 2012, mais, de façon générale, le commerce extérieur canadien est en bonne posture, compte tenu de la relance de l'économie américaine et de la diversification continue vers les marchés non traditionnels.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d'information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n'est faite à l'égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière,juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l'auteur se dégagent de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages attribuables à l'utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu'ils peuvent contenir.

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