Blogue de Contacts Monde

“Maximiser l’efficacité des exportations”

Développer nos ventes au-delà de nos frontières est une voie obligée, incontournable pour relever les défis majeurs de la croissance.
A cette fin, la Tunisie a développé un programme pilote d’aide aux exportateurs. Il s’agit du Programme de développement des exportations (PDE) avec comme principales composantes le FAMEX I et II.
En effet, le FAMEX I, qui a pris fin l’an dernier, est parvenu à diffuser une véritable culture d’exportation auprès des entrepreneurs tunisiens. Il a cédé la place au Famex II qui est né de cette même volonté de prolonger l’expérience en matière d’exportation.
Mis en place par le CEPEX en collaboration avec la Banque mondiale, le Famex II débutera ses activités en mars prochain au bénéfice de 500 entreprises tunisiennes et 40 associations professionnelles intervenant dans le domaine de l’exportation.
Dans ce cadre, M. Karl Miville-de-Chêne, président du bureau d’études canadien « Consultation Contact Monde », a animé une formation intitulée « Comment maximiser l’efficacité de son service export » au service d’une panoplie d’entrepreneurs qui désirent développer leurs services à l’export.
Dans une interview accordée à l’Economiste Maghrébin, M. Miville-de-Chêne délivre les règles qu’un exportateur doit appliquer pour développer sa stratégie et accéder à de nouveaux marchés. Entretien.

L’Economiste Maghrébin : Partant de votre expérience au sein du Club Famex, quel bilan faites-vous du Famex I ?
Karl Miville-de-Chêne : Le Famex qui avait pour rôle de sensibiliser les entreprises à l’export d’une façon beaucoup plus réaliste qu’auparavant, a réussi à concrétiser ses efforts d’une manière beaucoup plus rapide et beaucoup plus adaptée aux besoins de l’entreprise tunisienne. Il s’agit d’une petite équipe constituée essentiellement d’experts dotés d’une flexibilité et d’une rapidité d’action peu répandues en Tunisie. D’ailleurs, en contactant plusieurs opérateurs économiques dans le pays, j’ai pu constater qu’ils avaient beaucoup apprécier cette nouvelle façon de faire, puisque la rapidité dans les procédures et dans les réponses leur permettait d’agir plus rapidement et de conquérir, par conséquent, de nouveaux marchés. C’est une donne très importante à l’international car l’entreprise cliente étrangère prime toujours celle qui répond rapidement à sa demande sur toute autre entreprise.

Quel est l’apport attendu du Famex II ?
Partant de l’expérience passée, je crois que le Famex II va continuer sur cet élan et sera, à l’instar du premier programme, doté d’une équipe renforcée comportant deux experts internationaux et trois experts locaux recrutés sur appel d’offres et qui travailleront à plein temps au Famex.
En plus de l’aide qu’il apportera à 500 entreprises pour diversifier leurs marchés d’exportation, le Famex II aura également pour mission d’aider 40 associations professionnelles intervenant dans le domaine de l’exportation, principalement les conseillers en exportations et les chambres de commerce en vue de développer une cellule de service à l’export afin de mieux répondre aux besoins des membres en matière d’exportation. Cela nous permettra de multiplier et de diversifier nos ressources à l’exportation de façon simple et souple. C’est une façon de faire très novatrice employée dans peu de pays et qui permettra de propager cet esprit d’entrepreneur-ship à travers toute la Tunisie. Cette reconversion à l’exportation deviendra accessible à tout créateur d’entreprise et constituera un changement progressif et positif pour le secteur de l’économie.

Un exportateur qui veut réussir, comment doit-il procéder selon vous?
A mon avis, si un entrepreneur désire vraiment réussir dans ce domaine, il doit d’abord prendre le temps nécessaire à la réflexion et à la planification avant de se lancer effectivement à l’exportation.
La planification permet la réduction des risques et réduit par conséquent les démarches qui se soldent par des échecs.
Je tiens à signaler que les échecs se traduisent par des coûts de temps et d’argent qui pèsent énormément sur le budget de l’entreprise et qui entravent les efforts déployés par le secteur de l’industrie. S’inscrivant dans cette logique, le Famex propose de montrer l’importance de fonctionner d’une façon stratégique et d’accomplir la démarche à l’exportation par étape.

Quel est le rôle du délégué commercial dans tout cela ?
Si on se réfère au cas de la Tunisie et au Canada, il nous paraît clair que le délégué commercial est loin de jouer le rôle qui lui est assigné. La faille se trouve tout d’abord au niveau de l’effectif et peut-être aussi au niveau des compétences des délégués. Le Canada emploie un seul délégué commercial en Tunisie et la Tunisie emploie un seul délégué commercial assisté d’une secrétaire. Celui-ci doit seul, couvrir non seulement le Canada mais tout le continent américain.
Si les deux pays désirent développer leurs relations économiques, ils doivent procéder au renforcement de leurs équipes de délégués commerciaux respectifs.
En fait, il faut trouver un consensus entre le désir de l’Etat , le désir économique, le désir de l’entreprise et les procédures de réalisations des projets.

Est-ce que les TIC ont un rôle à jouer dans la promotion des exportations ?
Les technologies de l’information et de la communication sont tout à fait appropriées au travail qu’on fait à l’international. Ces technologies vont nous permettre d’aller plus loin, plus vite, de véhiculer notre information et de commercialiser notre produit ou service. Tout cela était auparavant inaccessible ou accessible à des coûts élevés.
Avec les technologies nouvelles, nos communications sont plus rapides et plus efficientes. Donc, à partir de janvier 2005, le développement des exportations doit passer par des plates-formes web qui faciliteront l’accès à l’information. Rym Antar


L’Economiste du 02 Février au 16 Février

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