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Blogue de Contacts Monde

Blog d'information destiné aux étudiants en commerce international,aux enseignants et PME. Il aborde selon des thématiques précises les nombreux aspects (droit, vente, recherche et identification des sources d'information, logistique, financements, web 2.0, sécurité, chaîne de valeur, RH, gestion des opérations)du commerce international.Un contributeur régulier est l'économiste en chef d'Exportation et Développement Canada
Peter G. Hall, Vice-président et économiste en Chef

Il y a six ans, le monde – alors sur le point de glisser dans l’abîme économique le plus profond depuis la Grande Crise – a été sauvé par une vague d’une puissance inédite de mesures coordonnées de relance publiques. Entre autres choses, les banques centrales de la planète ont ouvert les vannes et laissé déferler un flot de liquidités qui a permis à une économie mondiale aux abois de gagner des rivages plus hospitaliers. L’un des effets inopinés de l’assouplissement quantitatif fut le changement de destination des investissements en liquidités, soit d’actifs sûrs vers des actifs plus risqués.

L’inlassable quête d’un rendement supérieur a contribué à faire monter le prix des créances souveraines et commerciales sur les marchés émergents. Les prévisionnistes du marché des devises ont été forcés de renoncer aux modèles traditionnels ou, à tout le moins, d’en élargir considérablement les composantes « spéculatives » afin de tenir compte du regain des opérations de portage. Les marchés des actions partout sur le globe ont alors amorcé leur ascension vers de nouvelles cimes. L’envolée de 123 % des cours du cuivre en 2009, dans un contexte de stagnation complète de l’économie mondiale, a poussé certains à demander que l’on confisque au métal rouge le doctorat honorifique en économie qui lui avait été conféré en raison de sa capacité à prédire les cycles de la croissance mondiale.

Mais si, comme le veut l’adage, la marée montante élève tous les bateaux, alors (comme Warrant Buffet se plaît à nous le rappeler) il faudra attendre que la marée redescende pour découvrir qui nage sans shorts. L’éventualité d’une réduction nette de l’ensemble des liquidités mondiales serait synonyme d’une diminution des fonds disponibles pour l’ensemble des acteurs du marché. Cette baisse entraînerait à un certain moment des turbulences sur le marché, et il y aurait assurément des gagnants et des perdants – dont certains pourraient souffrir plus que d’autres.

Dans les économies émergentes, les entrées de capitaux ont chuté de près de 20 % l’an dernier – et 2015 s’annonce une autre année mouvementée. Certaines ont tiré parti de l’afflux des liquidités pour renforcer leur compétitivité, assouplir leur marché du travail et améliorer l’efficience de leurs institutions publiques. Cette divergence de position a été mise en évidence par les effets de la réaction au retrait de la politique d’assouplissement. Ainsi, pour les marchés émergents, la véritable évolution sera le retour de la différentiation des risques au sein même de la catégorie des marchés émergents.

Bien qu’il s’agisse là d’un processus habituel auquel les marchés doivent se prêter à quelques années d’intervalle, la réelle inquiétude provient plutôt de l’absurdité poussée à l’extrême d’une absence de différentiation des risques. L’assouplissement quantitatif n’a pas simplement incité les investisseurs à faire une incursion dans le territoire familier des risques commerciaux et souverains. Vu l’abondance des liquidités et le nombre limité des actifs, les investisseurs en quête d’un rendement respectable ont dû s’aventurer plus profondément dans le continuum des risques et, ce faisant, ils se sont intéressés à une myriade d’actifs plus risqués offrant un rendement de moins en moins élevé et susceptible d’être insuffisant pour couvrir les risques assumés.

Le recours à une politique monétaire ultra accommodante a induit des distorsions. Mais lesquelles? À un certain moment, les investisseurs se sont vu offrir un rendement moins de 250 points de base pour assumer le risque souverain de l’État gabonais par rapport au risque présenté par le Trésor américain. Aux États-Unis, la montée en flèche des obligations à haut risque (les fameux junk bonds) depuis 2009 a poussé le prix des créances commerciales à rendement élevé à des sommets inégalés. L’an dernier, des liquidités dépassant les 20 milliards de dollars américains ont pris la direction des crédits automobiles à haut risque adossés à des actifs. Une fois épuisée la liste des destinations d’investissement des fonds, on a commencé à miser sur la météo. Ainsi, les investisseurs ont acheté pour 8,1 milliards de dollars en obligations catastrophes l’an dernier, dont la grande majorité a été acquise par des régimes de retraite et d’autres investisseurs institutionnels d’envergure. Même en Allemagne, pays peu enclin à la spéculation, la demande en biens d’investissement s’est raffermie et a participé à un renchérissement de 25 % des nouveaux immeubles depuis juillet 2009.

Toutefois, dans un univers de taux d’intérêt négatifs, les pertes escomptées pondérées selon les probabilités pourraient se révéler une solution de rechange raisonnable face à la certitude des coûts imputés aux dépôts. Qu’advient-il lorsque certains des nouveaux venus sur le marché obligataire souverain voient leurs investissements en monnaie étrangère se déprécier et ont du mal à rembourser leurs créances libellées en devises? Les régimes de retraite pourraient-ils être malmenés la prochaine fois qu’une forte tempête frappera une petite économie insulaire?

Conclusion?


La menace d’une imminente chute de l’économie était si effroyable en 2009 qu’elle a sans doute accaparé toute l’attention des gouvernements. Or, comme l’ont affirmé certains, si l’épisode de 2008-2009 ne fut au fond que la manifestation de la récession qui aurait dû frapper l’économie en 2000-2001, alors à quoi ressemblerait l’éclatement de certaines de ces bulles à moyen terme? Les liquidités injectées cette fois-ci dans le système financier incitent à définir M. Greenspan comme un « faucon » de la lutte contre l’inflation. Il reste à espérer que les agences nationales de réglementation ont, au cours des sept dernières années, tiré plus de leçons que les marchés eux-mêmes.

​Pour en savoir plus: EDC
Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef

Dans le contexte actuel où la croissance mondiale tourne au ralenti, une économie se démarque. En effet, depuis un an et demi, la croissance américaine est pour le moins spectaculaire, malgré des épisodes météo difficiles et les déconvenues du secteur public. Pourtant, la réticence de l’après-crise alimente la crainte permanente que l’amélioration ne va pas – ou ne peut pas – durer. Il semble que nous soyons à la merci des données mensuelles ou, pire encore, que nous scrutions avec anxiété les actualités du jour. L’une d’elles, soit l’appréciation du billet vert, préoccupe beaucoup dernièrement. Cette appréciation viendra-t-elle assombrir la seule bonne nouvelle relative à la croissance intérieure que puisse annoncer l’économie mondiale?

Il est difficile d’ignorer le récent changement de trajectoire du dollar américain. Depuis le milieu de 2014, il a progressé de 13 %, selon sa valeur pondérée en fonction des échanges commerciaux, et il montre peu de signes de relâchement. Cette vigueur entraîne une perte soudaine et considérable de la compétitivité qui, dans des conditions normales, nuit énormément à la performance des exportations, notamment du secteur manufacturier. La montée du dollar aggrave non seulement le déficit commercial, mais elle fait aussi en sorte qu’il est plus coûteux d’investir aux États-Unis qu’ailleurs. Bien entendu, les énormes fluctuations, comme l’envolée de la devise américaine, ont tendance à ébranler les marchés financiers et à saper la confiance en général. Réunies, ces réactions habituelles mettent les observateurs des marchés sur les nerfs. Cette nervosité naissante est-elle justifiée?

Elle le serait si l’économie américaine était particulièrement tributaire des exportations. Or, la part de ce secteur s’élève à 13 % du PIB, un chiffre plutôt cohérent avec celui d’autres économies pleinement développées où l’économie intérieure joue un rôle prédominant. Le secteur des exportations n’y joue pas le rôle de grand moteur économique. De fait, la croissance annuelle s’est établie en moyenne à 5,6 % pendant cinq ans, soit une fraction du rythme d’avant la crise. Parallèlement, le secteur manufacturier contribue à 12 % du PIB, un taux en baisse depuis des décennies. Certes, il existe entre ces secteurs des liens qui s’étendent à des pans plus importants de l’économie. Mais là encore, l’envolée du dollar américain ne produit pas les effets négatifs que ressentiraient nombre d’économies plus petites.

Alors, quelle est la source de la croissance américaine? Les bons chiffres proviennent du dynamisme de l’économie intérieure, qui se maintient en dépit d’une faiblesse persistante et généralisée dans le reste du monde. Aux États-Unis, les indicateurs économiques restent globalement solides, il y a de multiples signes d’une demande comprimée et les indices de la confiance sont nettement en territoire positif. Dans ce contexte, on a dû mal à s’imaginer que la tenue du dollar américain viendra brider la croissance.

À vrai dire, la faiblesse de l’activité ailleurs sur la planète inquiète beaucoup plus. Mais la donne pourrait changer : face à un billet vert plus fort, les entreprises et les consommateurs américains pourraient acheter et investir davantage à l’étranger – et, de cette façon, exporter la reprise économique américaine. Autre point : il leur serait moins coûteux d’investir sur les marchés mondiaux, et de tels investissements serviraient de tremplin à une mondialisation de la croissance américaine. Ce scénario favorable pourrait-il se concrétiser sans diminuer la source de la croissance?

Il est permis de le croire, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, à bien des égards, l’industrie américaine a ouvert la voie à la mondialisation. Depuis déjà un bon moment, le secteur manufacturier intensifie ses activités sur la scène internationale et y crée des chaînes d’approvisionnement, ce qui confère un avantage naturel à son modèle d’affaires; de plus, le contenu importé constitue une part plus importante du produit final. De ce fait, un dollar plus vigoureux réduit sensiblement la part du coût des intrants. Deuxième raison : l’industrie américaine doit gérer un déluge de commandes, mais elle dispose d’une faible capacité de production excédentaire. Résultat : les taux d’utilisation atteignent pratiquement les niveaux d’avant la crise, et dans certains cas, ils les dépassent de loin. La hausse du contenu importé et de l’investissement dans la production à l’étranger permettrait de remédier à cette grave pénurie sur le marché intérieur. Enfin, troisième raison, ce coup de pouce à la production étrangère finirait par stimuler la demande mondiale en biens américains.

Toujours sceptique? Voici une quatrième raison qui saura vous convaincre. Si une embellie des importations et des investissements à l’étranger déséquilibre rapidement la balance commerciale et le solde du compte de capital, le dollar agirait comme un amortisseur en se dépréciant de nouveau pour compenser l’effet de ce mouvement. Grâce à son régime flottant, la devise américaine limiterait les fuites.

​Conclusion?
Loin de freiner la croissance économique, un billet vert vigoureux pourrait bien se révéler la pièce manquante du puzzle de la croissance mondiale. S’il peut contribuer à établir un véritable pont entre l’économie des États-Unis et des autres pays du monde, alors nous devrions en voir les signes très bientôt.

Source: EDC
Peter G. Hall, Vice-président et économiste EDC

Si vous mettez tous vos œufs dans le même panier, vous pouvez tirer votre épingle du jeu – à condition que votre panier reste intact. Si celui-ci est endommagé, votre réussite pourrait être en péril. Il en va de même pour les industries. Celles qui vendent uniquement des produits très spécialisés sont sensibles à l’évolution du marché et à l’innovation. De même, les entreprises qui dépendent d’un acheteur ou d’un marché unique sont exposées à des fluctuations échappant en grande partie à leur sphère d’influence. C’est bien connu, il est sage de se diversifier. Pourtant, il est très facile d’oublier cette devise quand la conjoncture est favorable. Alors, quel est le portrait des industries canadiennes en matière de diversification?

La diversification accrue du commerce extérieur depuis 15 ans est sans doute l’un des faits marquants de l’évolution de l’économie canadienne. La forte dépendance envers les marchés traditionnels avait d’ailleurs été renforcée par l’accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis – accord qui avait fait monter les exportations à destination du marché américain à plus de 85 % du total. Pourtant, un virage majeur a été amorcé lors du nouveau millénaire. Confrontés au resserrement des mesures de sécurité à la frontière, à l’effondrement du secteur technologique et l’envolée rapide du huard, les exportateurs canadiens en quête de sources de croissance se sont tournés vers les marchés émergents en effervescence – qui se sont révélé des filons très lucratifs. Alors que les exportations vers les États-Unis restaient à peu près stationnaires, celles vers les marchés émergents ont augmenté chaque année en moyenne de plus de 10 %, faisant passer la part des exportations totales de 5 % à plus de 12 % – et ce mouvement est toujours à la hausse. Si cette tendance se maintient, les marchés émergents pourraient représenter près du tiers du total des exportations canadiennes de marchandises.

Quel est le bilan dans chaque industrie? Eh bien, les résultats sont éloquents : ils révèlent qu’au Canada, les trois grandes industries exportatrices de marchandises sont en fait très concentrées. Dans la première industrie, celle du pétrole et du gaz naturel, la quasi-totalité des exportations – qui comptaient en 2014 pour près du quart de l’ensemble des marchandises exportées – est destinée au marché américain. Lorsqu’on considère les exportations de produits raffinés, également très concentrées, il faut ajouter 5 % à ces exportations. D’ailleurs, la chute des cours pétroliers a aujourd’hui des effets dévastateurs sur ce secteur de l’économie canadienne. La deuxième grande industrie exportatrice, l’assemblage des véhicules, contribue à 10 % du total; les exportations de ce secteur prennent presque exclusivement la direction des États-Unis. Dans un cas comme dans l’autre, les changements ayant influé sur l’industrie ou le contexte macroéconomique général ont créé un malaise au sein de compagnies exportatrices bien gérées, très innovatrices et prospères – un malaise dont elles ne sont pas responsables. Le Canada étant une petite économie ouverte, ce dénouement est-il inévitable, ou existe-t-il d’autres secteurs en meilleure posture?

Il est encourageant de constater que la plupart des autres secteurs sont moins exposés que les trois grandes industries. Le secteur manufacturier est d’habitude moins diversifié que les principales industries primaires hors énergie, mais ce secteur a fait d’immenses progrès ces 15 dernières années. C’est le cas de la filière aéronautique, dont les ventes vers les marchés émergents sont passées de 4,5 à 23 % des exportations totales. D’à peine 4 % des exportations, les ventes de turbines et de matériel de transport d’électricité à destination des marchés émergents ont grimpé à 16 %. Cette diversification accrue est aussi présente ailleurs : la part des exportations de machinerie industrielle dans les sphères du commerce et des services a bondi de 5 à 27 %; celle des produits de la mer conditionnés est passée de 8 à 24 %; quant aux exportations de viandes transformées vers les marchés émergents, elles ont progressé d’un taux respectable de 11 % à celui de 30 %. Et la liste continue… Mises à part les trois grandes industries exportatrices, pratiquement toutes les industries du secteur manufacturier présentent une hausse notable de leur exposition aux marchés émergents.

Les résultats sont encore plus impressionnants du côté des industries primaires. Les exportations des usines de pâte à papier vers les marchés développés ont bondi à 51 % – elles étaient de seulement 5 % en 2000. Le charbon suit la même tendance favorable, tandis que le secteur des métaux de base a porté son exposition à ces marchés de 19 à 38 %. L’industrie des métaux précieux est sortie de l’oubli en 2000 en expédiant 17 % de ses exportations à des acheteurs sur les marchés émergents. Enfin, l’industrie agroalimentaire, déjà très diversifiée, a de manière générale intensifié sa présence sur les marchés émergents. Il est facile d’imaginer ce que seraient les chiffres de la diversification pour l’ensemble des secteurs si les principales industries exportatrices canadiennes se diversifiaient au même rythme.

Certains croient que cette tendance est révolue ou sont d’avis que des marchés uniques sont à l’origine de ces récents mouvements. Ce point de vue repose en grande partie sur le fait que l’économie américaine est en mode reprise, et que les marchés émergents cherchent toujours à tirer parti de cette nouvelle croissance. À mesure que le billet vert s’apprécie, et que l’économie américaine transmet son dynamisme à d’autres pays, le réveil des marchés émergents offrira à nouveau un contexte idéal pour l’essor des exportations.

​Conclusion?

La plupart des industries ont participé au mouvement général de diversification. La relance de la croissance mondiale rapportera à nouveau des dividendes substantiels aux exportateurs s’implantant non seulement sur les marchés se trouvant à proximité, mais aussi dans les économies appelées à devenir les plus dynamiques de la planète.

Peter G. Hall, Vice-président et économiste EDC

Lors de mon bref séjour au Mexique la semaine dernière, j’ai eu droit à une météo presque idéale qui n’avait rien à voir avec le temps neigeux en Amérique du Nord. Cette météo offrait tout un contraste avec la météo économique sévissant ces jours-ci sur les marchés émergents : une météo qui s’apparente davantage à celle avec laquelle doit composer le Nord-Est des États-Unis. L’économie du Mexique profite-elle du même soleil radieux qui baigne son territoire, ou bien sa situation est-elle aussi morose que celle des autres marchés émergents ?

Malgré la belle performance de l’économie du Mexique, les récentes données ont fait craindre un retournement de la conjoncture. Le déclin des cours du pétrole a frappé le pays au moment même où ce dernier met en œuvre le plus ambitieux train de réformes structurelles de son histoire – notamment dans le secteur énergétique. La tenue des cours pétroliers a donc menacé d’entraver ce processus. Comme le tiers des recettes du gouvernement fédéral provient de l’industrie pétrolière, la diminution de la valeur du panier des prix du pétrole annonce des difficultés dans l’établissement et la mise en œuvre des politiques publiques, ainsi que des perspectives de risque pour le pays en général. Est-ce à dire que le Mexique est aux prises avec sa propre version d’une dégradation des perspectives mondiales?

Peut-être, mais seulement à première vue. Il suffit d’analyser la situation un peu plus en profondeur pour découvrir que la situation au Mexique n’est pas aussi morose. Échaudé par la volatilité s’étant auparavant installée sur les marchés pétroliers, le ministre fédéral des Finances a lancé un programme de couverture qui garantira, en bonne partie, l’atteinte des cibles établies pour les cours pétroliers dans le cadre de son exercice budgétaire. Ajoutons à cela les abondantes réserves dont dispose le gouvernement et les fonds du FMI auquel le pays peut accéder en cas de besoin, et la position de l’économie mexicaine semble nettement moins fâcheuse – du moins pour 2015. Par la suite, le pays ne pourra compter sur cette couverture et sera à la merci des marchés. Heureusement, il a cette année le temps de revoir ses plans, et d’ici le début de 2016, les cours pétroliers pourraient bien effectuer une remontée, ce qui limiterait les dommages au bilan financier.

Si le Mexique souffre de la tenue de l’industrie pétrolière, d’autres secteurs de son économie restent dynamiques. Vu sa grande proximité avec les États-Unis, le moteur de la croissance mondiale, le Mexique a connu une année exceptionnelle au chapitre du commerce extérieur. Depuis le début de l’année, ses exportations ont progressé de 7.9 %, surtout en raison de la belle tenue de l’économe américaine et de sa vigueur soutenue. Et les exportateurs mexicains semblent prêts pour une autre année remarquable. Parallèlement, le tassement des cours pétroliers a affaibli le peso mexicain, lequel a dernièrement accusé une baisse d’environ 10 % par rapport au billet vert, devrait donner un élan supplémentaire aux exportateurs du secteur manufacturier.

Le fait que le Mexique réussit à attirer d’importants investissements de multinationales étrangères dans le secteur manufacturier devrait sans doute contribuer à la croissance des exportations mexicaines. L’industrie automobile continue d’injecter des fonds provenant non seulement du continent américain, mais aussi d’Europe occidentale et d’Asie. L’embellie inédite des derniers temps ne devrait pas persister, mais elle témoigne de la capacité du Mexique d’enregistrer des entrées substantielles dans un contexte mondial de baisse de l’investissement.

Ces entrées de fonds pourraient même s’accroître à court terme. Le secteur américain de la machinerie industrielle devant composer d’extrêmes contraintes de capacité cette année, et un carnet de commandes qui ne cesse d’augmenter. Le Mexique a de bonnes chances d’attirer les investissements de compagnies américaines voulant désespérément et rapidement hausser leurs capacités. La poursuite du cycle de croissance devrait aussi amener d’autres nations aux portes de ce marché. La pénurie de main-d’œuvre devrait être l’un des traits dominants du présent cycle de croissance, pas seulement dans les économies habituelles de l’OCDE, mais aussi sur des marchés émergents clés comme la Chine. La nécessité de maintenir la capacité de production devrait sans doute alimenter une vague d’investissements transfrontaliers pour recruter de la main-d’œuvre. Or, le Mexique possède une vaste main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée.

Et il ne faudrait pas oublier les réformes. Certes, les cours pétroliers ont fait douter du maintien des progrès actuels. Pourtant, certaines des réserves énergétiques du Mexique restent des attraits à long terme auxquelles les grandes sociétés pétrolières et de services publics auront du mal à résister. Les fonds d’investissement devraient aussi manifester de l’intérêt, et leur regard est presque toujours tourné vers des réserves à long terme. Il est aussi à noter que les marchés émergents ayant entrepris des programmes de réformes comme ceux du Mexique affichent en ce moment une performance supérieure.

Cette évolution est-elle entièrement positive? Pas exactement. Les crimes et les actes de violence très médiatisés qui ont récemment fait la une ont entaché la réputation du gouvernement du président mexicain Pena Nieto. Ces exactions, en plus d’autres revers subis par le gouvernement, pourraient ralentir les réformes et réduire la capacité du pays à attirer des investissements étrangers d’une importance capitale. De plus, advenant une chute permanente des cours du pétrole, le pays devrait entreprendre une refonte pénible de ses finances, qui aurait pour effet d’assombrir les perspectives.

​Conclusion?
Le Mexique connaît un bon départ dans le nouveau cycle de croissance, et profite d’un solide élan provenant de la reprise de l’économie américaine. Si la tendance se maintient, l’économie mexicaine restera une excellente source de capacités industrielles pour le monde – et pour le Canada.

Pour en savoir plus: Propos de la semaine EDC

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Imaginons le scénario suivant. La violence imprévisible des intempéries nous immobilise. Les usines s’arrêtent d’un coup. Les bureaux sont abandonnés, et les classes annulées. Après la ruée pour faire le plein de provisions, les épiceries ferment à leur tour leurs portes. Quand la tempête frappe enfin, elle monopolise toute notre attention – surtout si une panne de courant se met de la partie. La situation, qui semble durer une éternité, peut oblitérer le souvenir de nos facultés d’avant la tempête. Ce scénario s’apparente étrangement à la tempête pétrolière que nous traversons. Les cours pétroliers actuels nous paraissent la seule réalité possible. Pourtant, la glissade des prix continue. Y survivra-t-on? Peut-on s’attendre un jour à une accalmie?

En jetant un coup d’œil aux grands titres de l’actualité, on serait tenté de croire que l’agitation persistera. Il est tout naturel que les tempêtes engendrent leur propre type de myopie. C’est alors que la sagesse de l’expérience devrait nous venir en aide. Et de l’expérience, nous en avons à profusion. Lorsque nous comparons la conjoncture de 2008 à la conjoncture présente, nous constatons qu’elles sont très semblables. À l’époque, les cours pétroliers avaient glissé d’un sommet dépassant largement les 100 dollars le baril à un creux de 40 dollars le baril – cela en à peine cinq mois. À l’heure actuelle, les cours sont passés d’un peu plus de 100 dollars le baril pour s’établir légèrement sous la barre des 40 dollars le baril, en l’espace de six mois. Lorsqu’on examine les données brutes, les similitudes deviennent frappantes. Il en va de même pour d’autres facteurs déterminants.

Les deux épisodes de recul ont été précédés de prédictions positives. En 2008, les craintes d’une pénurie de l’or noir ont donné lieu des prédictions très plausibles d’une montée imminente du pétrole brut à 200 dollars le baril. Dans les années 1970, les contraintes pesant sur l’offre ont mené à des prévisions à long terme très similaires. Aujourd’hui, on formule des prédictions moins alarmistes, mais les prévisionnistes tablent généralement sur le fait que le retour de la croissance mondiale maintiendra les cours dans les trois chiffres. Il est étonnant de voir des spécialistes aux vues diamétralement opposées faire fausse route, et ce, malgré les multiples enseignements des dernières années.

Ces deux épisodes ont également produit des prévisions pessimistes. L’analyse a posteriori procure une clarté que l’on croit limpide. En fait, la vision parfaite des événements contribue à sans cesse recréer la même illusion d’une vision claire de l’avenir. Les prévisionnistes crédibles tablent désormais sur des cours gravitant à 40 dollars le baril – comme ils l’avaient fait en 2008 –, uniquement pour voir les prix grimper à 75 dollars. On se rappellera aussi l’annonce, une décennie avant la dernière dégringolade. En effet, le passage momentané des cours à 10 dollars avait donné lieu à une déclaration célèbre et largement citée selon laquelle les cours se fixeraient à cinq dollars le baril en raison de facteurs structurels. Ce genre de prédictions excessives est probablement la composante la plus prévisible des importants mouvements des indicateurs.

L’annulation « permanente » des projets constitue un autre facteur commun. Il défraie en ce moment la chronique et ne manque pas d’alimenter les craintes de récession et de déficits budgétaires. Ces craintes étaient aussi présentes après 2008, et elles ont sans aucun doute des répercussions immédiates et dévastatrices pour l’économie. Cette situation sera-t-elle permanente? Non, à moins que la chute ne persiste. Toute remontée subséquente – et même partielle – des cours incite habituellement les acteurs du marché à renégocier les prix. Le carnage est rarement aussi terrible que celui qu’on s’était imaginé au milieu de la tempête.

Voilà donc les points communs. Certaines facettes de la conjoncture actuelle sont-elles différentes? À vrai dire, oui. La grande différence est qu’en 2008 sévissait la plus grave récession depuis la Grande Crise. Ces jours-ci, la faiblesse de l’activité suscite des inquiétudes, mais l’économie américaine affiche une remarquable croissance. Et ce n’est pas tout. À l’époque, l’économie dépendait beaucoup des mesures prises par les gouvernements. Cette fois-ci, la croissance est impulsée par ses propres ressorts. Autre point digne de mention : en 2008, on est passé d’une offre très serrée qui s’est par la suite relâchée. Aujourd’hui, nous croyons que l’offre est excédentaire. D’ailleurs, nous semblons oublier que les excédents actuels pourraient facilement être absorbés advenant un regain de la croissance sur les marchés émergents.

Alors, que nous révèle l’histoire? Qu’à certains moments, les mouvements prononcés des cours n’ont pas été un phénomène passager. À preuve, l’embellie des prix des années 1970 a pris beaucoup de temps à s’essouffler. Le plongeon des cours au milieu des années 1980, attribué à la fin du communisme, a persisté jusqu’au début du nouveau millénaire. Cependant, ces fluctuations étaient attribuables à des facteurs structurels particuliers. La présente chute des prix – une réaction à l’évolution récente de l’offre, de la demande et des liquidités financières – est probablement exagérée; l’hystérie fréquente découlant de l’effet d’hystérèse semble pour le moment prédominer. Que nous faut-il avant tout retenir de cette situation? Sans doute, comme nous le rappelle un adage instructif et souvent oublié, que dans la majorité des cas les fluctuations marquées des cours contribuent à créer les conditions favorisant leur propre déclin.


Conclusion?


Il est difficile de bien saisir la réalité au plus fort de la tempête. L’histoire nous dit clairement que nous aurons bientôt droit à une météo plus clémente. Pourtant, lorsque nous nous trouvons sous l’emprise de ce moment apparemment sans fin, nous sommes persuadés que plus rien d’autre ne compte. La récente déroute des cours pétroliers nous met dans une position qui n’est sans doute pas très différente. Si tel est le cas, elle pourrait constituer une occasion exceptionnelle.

Le présent propos est uniquement présenté à titre d’information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n’est faite à l’égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière, juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l’auteur se dégagent de toute responsabilité à l’égard des pertes ou des dommages attribuables à l’utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu’ils peuvent contenir.

Source: http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/oil-deja-vu.aspx
Par Peter G. Hall, Vice-président et Économiste d'EDC

Comme tout aéronef de nouvelle génération, le cockpit de l’avion économique a de quoi étonner par la multitude des cadrans et des instruments qui tapissent le tableau de bord et dont le rôle est de retracer le moindre mouvement de cette machine complexe. À juste titre, nous nous demandons comment les pilotes et les copilotes réussissent à lire autant de cadrans et d’instruments. Si on leur posait la question, ils nous répondraient sans hésiter que cela est impossible, et qu’ils ne le font pas essentiellement parce que cela n’est pas nécessaire. Comme dans le monde de l’aviation, certains cadrans économiques indispensables à un certain moment, tandis que d’autres – même s’ils sont importants –, ne nécessitent pas d’être consultés sur le champ. Alors, parmi tous les indicateurs disponibles, lesquels devrons-nous surveiller de près au cours des prochains mois?

La tenue de l’économie américaine joue un rôle déterminant dans le dynamisme de la croissance mondiale. À l’heure actuelle, elle maintient une robuste performance. Pourtant, ce décollage est particulièrement éprouvant en raison de l’ampleur des retards accumulés. Il est primordial de regarder vers l’avenir. Voilà pourquoi nous tournons notre attention vers l’indicateur avancé composite des États-Unis, et notamment sur la progression du marché du logement et des commandes passées par les consommateurs et les entreprises désirant se procurer des biens plus coûteux. L’Amérique est le pilier de la reprise, mais elle ne pourra en assurer seule la pérennité. L’économie européenne, aussi imposante que celle des États-Unis, devra aussi participer à cet élan si le monde veut espérer une véritable relance de la croissance cette année. L’Allemagne, le moteur de la zone euro, devrait largement contribuer au dynamisme. Dans ce pays, nous suivrons l’évolution de deux indicateurs : le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands ainsi que l’indicateur ZEW du sentiment économique. Ils ont tous deux chuté pendant la plus grande partie de 2014 avant d’opérer un redressement surprenant en fin d’année. Il s’agit du premier signe depuis des lunes que les entreprises allemandes s’attendent à une conjoncture plus favorable malgré les récentes difficultés.

L’Amérique est le pilier de la reprise, mais elle ne pourra en assurer seule la pérennité. L’économie européenne, aussi imposante que celle des États-Unis, devra aussi participer à cet élan si le monde veut espérer une véritable relance de la croissance cette année. L’Allemagne, le moteur de la zone euro, devrait largement contribuer au dynamisme. Dans ce pays, nous suivrons l’évolution de deux indicateurs : le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands ainsi que l’indicateur ZEW du sentiment économique. Ils ont tous deux chuté pendant la plus grande partie de 2014 avant d’opérer un redressement surprenant en fin d’année. Il s’agit du premier signe depuis des lunes que les entreprises allemandes s’attendent à une conjoncture plus favorable malgré les récentes difficultés.

Le moral des acheteurs industriels constitue un indicateur prospectif clé de l’orientation de l’activité économique. Ces acheteurs de première ligne « aux nerfs d’acier » se procurent à l’avance le matériel nécessaire à la production. Leur opinion, comptabilisée dans l’indice des directeurs d’achats d’un vaste éventail de pays, compte réellement. Aux États-Unis, les directeurs d’achats se montrent optimistes. Cet optimisme prudent est partagé à divers degrés à peu près partout ailleurs dans le monde. Ce genre d’indicateur permet de confirmer – ou d’infirmer – la présence d’une véritable reprise cette année.

Nous devons aussi garder un œil sur les indicateurs de la capacité industrielle. Ils ont habituellement une valeur rétrospective, mais cette fois la disette des investissements de capitaux s’étendant sur plusieurs années a entraîné un resserrement de la capacité sur plusieurs marchés incontournables. L’argent n’est pas au cœur du problème. Les entreprises disposent généralement d’abondantes liquidités. Lorsqu’elles se mettront à dépenser, elles le feront sans doute de belle façon.

Les banques centrales figurent aussi à la liste des grands indicateurs. Afin de maîtriser les mouvements des prix, elles ont repéré les nouvelles pressions bien à l’avance. Toute indication de mouvements imminents des taux d’intérêt – qui devraient probablement compter parmi les grands changements attendus en 2015 – nous renseignera sans délai de la direction que prendront les choses. Il ne fait pas de doute que nous aurons droit à quelques surprises à ce chapitre.

Les cours pétroliers devraient rendre la conjoncture intéressante. Il faudra surveiller l’évolution de ces cours puisque la volatilité sera au rendez-vous. Globalement, ils devraient emprunter une trajectoire descendante, ce qui stimulera la demande mondiale.

La propagation de la croissance sera un facteur fondamental de la viabilité de la reprise. Les indicateurs du commerce international joueront un rôle prépondérant cette année. Même s’il existe souvent un décalage entre ces chiffres et la conjoncture économique, les données du commerce mondial du CPB donnent une bonne idée de l’état actuel des flux commerciaux à l’échelle internationale. Par ailleurs, l’indice HARPEX, pour le moment stationnaire, dresse un portrait pertinent des flux mondiaux d’expédition par porte-conteneurs. Il ne faudrait pas oublier les exportations intérieures hors pétrole de Singapour, qui sert également de baromètre fiable de l’activité commerciale en Asie.

La situation politique demeurera un facteur à ne pas perdre de vue en 2015, et c’est pourquoi nous ferons un suivi constant des multiples indicateurs politiques décrits dans le Propos du 13 novembre dans le but de cerner toute inflexion majeure de l’activité mondiale. Enfin, compte tenu du rôle de premier plan de l’investissement dans la reprise mondiale naissante, il est essentiel d’être à l’affût de toute dégradation – de la situation actuelle ou de nouveaux éléments – susceptible de refroidir les investisseurs blasés par la crise.

Conclusion?
La reprise mondiale s’accélère de façon soutenue. À l’image d’un avion long-courrier lourdement chargé, cette reprise a besoin d’une longue piste de décollage et d’un ciel dégagé pour prendre son élan et atteindre sa vitesse de croisière. Jusqu’ici, les indicateurs nous disent que nous nous portons assez bien et que nous devrions connaître une nouvelle année remarquable. Il faudra cependant suivre de près l’évolution de ces indicateurs. Sur ce, mes meilleurs vœux de réussites pour 2015!

Source: http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/indicator-hit-list.aspx

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef

Ces dernières semaines, les fluctuations des prix ont fait les grands titres. En effet, les cours des prix des produits de base chutent et, comme à l’habitude, cette chute est attribuée à divers facteurs. Les retombées de ce repli sont considérables et méritent d’être examinées. Toutefois, il existe un autre enjeu plus urgent encore : le récent mouvement du niveau général des prix. Ces derniers temps, l’essoufflement de la croissance générale des prix a fait renaître les inquiétudes au sujet de la désinflation et de la déflation. Cinq années après la crise, nous tourmentent-ils encore? Que se passe-t-il?

Avant toute chose, disons que cette inquiétude est justifiée. Les prix à la consommation des deux côtés de l’océan frôlent récemment le niveau zéro. Lorsque cela se produit, les banques centrales augmentent habituellement leur niveau d’alerte, pour la simple et bonne raison que les épisodes précédents de désinflation et déflation ont généralement eus des effets dévastateurs sur l’économie. Par ailleurs, les banques centrales disposent d’un arsenal développé de mesures pour lutter contre la déflation. Il suffit de regarder du côté du Japon. L’inflation est une problématique différente. Elle est la grande obsession des banques centrales, qui sont parvenues à formuler une panoplie de mesures très efficaces à ce chapitre au cours des 25 à 30 dernières années. L’absence de stratégies concrètes pour pallier la faiblesse des prix rend le contexte actuel encore plus déstabilisant.

Aux États-Unis, les prix à la consommation se sont bien comportés en juin et ont, de ce fait, mis fin à la période d’atonie qui a accompagné le ralentissement temporaire induit par une météo difficile au premier trimestre. Pourtant, la croissance est depuis quatre mois égale ou inférieure à zéro, et la croissance globale en glissement annuel est de nouveau sous les 2 %. Et la croissance est encore moins dynamique dans la zone euro. Cette faiblesse est décelable depuis mars dernier, et même si bilan était auparavant positif, il n’avait rien de remarquable. L’IPC dans la région a reculé de 0,1 % en octobre, augmentant l’inquiétude. En rythme annuel, la croissance se situe depuis le mois de juillet sous la barre du demi pour cent.

Les chiffres de l’inflation fondamentale présentent un tableau différent. Par « fondamentale », les économistes et les instituts de la statistique désignent les groupes de prix les moins volatiles et les moins exposées aux aléas de la conjoncture internationale. La méthode traditionnelle de mesure de l’inflation fondamentale est fondée sur l’exclusion de composantes volatiles comme les aliments et l’énergie, ce qui permet plus facilement d’établir l’orientation de la politique monétaire. D’autres indicateurs plus complexes ont été développés au fil du temps, mais pour les besoins de cette analyse, nous nous limiterons à des indicateurs plus simples. Alors, les fluctuations de l’inflation fondamentale révèlent-elles un portrait différent des indices de référence?

Oui, c’est effectivement le cas. Dans l’économie américaine, on note dernièrement des variations du niveau d’inflation fondamentale, qui avoisine le niveau cible de 2 % depuis huit mois. Or, on s’inquiète que le nouveau redémarrage du dynamisme économique exerce bientôt des pressions à la hausse sur les prix fondamentaux, et que la Fed accuse du retard par rapport à la trajectoire de la politique monétaire. Rappelons-nous : le resserrement de la politique d’assouplissement monétaire doit se produire de 12 à 18 mois avant les fluctuations de prix pour pouvoir espérer les tuer dans l’œuf.

Dans la zone euro, les prix fondamentaux suivent aussi une autre trajectoire que les chiffres globaux. Mais la situation est totalement différente aux États-Unis. Les prix fondamentaux aux États-Unis augmentent environ deux fois plus vite que le taux pour l’ensemble des composantes de l’indice global. Mais c’est le seul élément digne de mention. La croissance des prix fondamentaux est demeurée constante à environ 0,75 % en glissement annuel, soit moins de la moitié du rythme affiché dans l’économie américaine. Mais la croissance mensuelle est plus préoccupante en raison de déclins consécutifs en septembre et en octobre, et les seules indications d’une future amélioration pourraient être le regain des ventes au détail et la stabilisation de la confiance. Pour le moment, la BCE devrait sans doute rester sur un pied d’alerte et prête à intervenir, au besoin.

Devant l’évolution différente de l’inflation des deux côtés de l’Atlantique, les analystes se demandent si les politiques monétaires suivent des trajectoires divergentes. Il ne fait aucun doute que les « colombes » demanderont avec insistance de bonnes doses d’assouplissement quantitatif dans l’espoir de juguler la déflation. Jusqu’ici, la BCE s’est refusée à recourir à des interventions majeures et de « faire tout ce qui est nécessaire », mais elle se réserve le droit de passer à l’action dès qu’elle le jugera nécessaire. Son hésitation exprime un message positif : la BCE doit percevoir la faiblesse actuelle des prix comme un phénomène temporaire. Le plongeon des cours pétroliers pourrait faciliter les choses : la diminution des prix à la pompe permettra aux consommateurs d’effectuer d’autres dépenses. Or, les prix pourraient bien repartir à la hausse.

Conclusion?
La tourmente agitant la conjoncture des prix a de nouveau mis en lumière la déflation. Les États-Unis doivent composer avec un problème totalement opposé. L’Europe s’approche de la ligne de démarcation, mais la plupart des analystes semblent penser que ce phénomène est temporaire et qu’il y a de bonnes raisons de croire qu’il disparaîtra bientôt.

​Souce: http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/prices-an-ocean-apart.aspx
Par Peter G. Hall vice-président et économiste en chef EDC

Vous vous souvenez sans doute de cette liste, publiée pour la première fois à l’automne 2009, soit au moment où la crise mondiale avait soulevé une vague inquiétante de nouvelles mesures de protectionnisme. La période de l’après-crise s’éloignant désormais de nous, nous portons de nouveau notre attention vers la croissance. Est-ce que les efforts multilatéraux et les immenses ressources consacrés à la libéralisation des échanges commerciaux depuis des décennies se poursuivront, ou devons-nous plutôt nous attendre à ce que le protectionnisme – l’ennemi juré du commerce international – soit un héritage persistant de la récession? À vrai dire, il y a au moins dix raisons d’accélérer la fin de ce nouvel élan de protectionnisme.

1. Le commerce international figurait parmi les moteurs de la production mondiale lors du dernier cycle économique. De fait, entre 1999 et 2008, l’économie mondiale a progressé en moyenne de 4,0 %, et les exportations, de 6,5 %. En pourcentage du PIB, la part des échanges est passée de 40 % en 1990 à 65 % en 2007. Pourquoi alors mettre en péril le retour d’une tendance aussi impressionnante?

2. Ce même commerce mondial est un important générateur d’emplois. Comme il représente une part grandissante de l’économie mondiale, le nombre d’emplois qui lui sont liés a aussi augmenté. Selon les données actuelles, les emplois directement rattachés au commerce international auraient progressé beaucoup plus rapidement que ceux des autres secteurs, et compteraient maintenant pour au moins un tiers de tous les emplois, contre tout juste 20 % au début des années 1990. Devons-nous courir le risque de modifier ce bilan, surtout au moment même où certaines régions du monde développé sont toujours aux prises avec un chômage massif?

3. La technologie a rendu possible le commerce avec la planète entière, ce qui a permis d’explorer des solutions d’affaires efficaces, partout dans le monde, à une échelle sans précédent. Par ailleurs, les récessions tendent à accélérer ce processus. En conjuguant ces facteurs, nous pouvons avancer l’hypothèse que le nouvel élan de protectionnisme issu de la grande récession n’a jamais constitué une menace aussi importante à la prospérité mondiale.

4. Le protectionnisme n’arrive jamais seul. Il alimente d’autres mesures de rétorsion qui font augmenter les coûts, comme l’a montré la récession, et lorsqu’il prend racine, il est difficile de s’en défaire.

5. Avec le temps, les entreprises s’abritant derrière les murs du protectionnisme tendent à devenir moins productives et moins performantes.

6. Les ressources nécessaires pour appliquer les mesures protectionnistes peuvent être utilisées à meilleur escient.

7. De nombreuses multinationales réalisent le gros de leurs ventes dans d’autres pays que celui où elles ont leur siège social. Or, la prise de mesures protectionnistes par ces pays entraîne des mesures de rétorsion qui mettent ces ventes à risque. Plus que jamais, les politiques commerciales qui s’inscrivent dans la ligne du « chez nous d’abord » mettent en péril un nombre appréciable de bons emplois au Canada.

8. Les mesures protectionnistes qui ont fait la une des médias lors de la crise ont été prises pour maximiser l’impact national des mesures incitatives visant à faire reculer la récession. Tout cela aurait été logique si une poignée d’économies avaient adopté des programmes d’incitatifs, mais ce ne fut pas le cas. Résultat : la perception qu’il faut perturber les flux commerciaux a été réduite à néant. Les programmes de relance et d’austérité étant désormais chose du passé, ce motif d’ériger des remparts pour mettre à l’abri les économies a été mis au rancart.

9. Le protectionnisme est un système essentiellement antagoniste qui produit des tensions bilatérales et multilatérales inutiles. La montée de l’agitation politique observée dans la foulée de la crise a accru la nécessité de désigner « un ennemi extérieur ». Alors que nous assistons à la relance de la croissance mondiale, ces sentiments devraient diminuer en intensité et, dans le même temps, discréditer un autre motif injustifié d’opter pour le protectionnisme.

10. Qui fait les frais des mesures protectionnistes nationales? Les gens mêmes qu’elles sont censées protéger : les consommateurs du pays. En effet, ce sont ceux qui doivent assumer les coûts plus élevés des biens et services protégés par des tarifs douaniers; ceux également eux qui perdent les fonds qu’ils auraient autrement investis dans l’économie nationale ou utilisés pour acquérir d’autres produits fabriqués au pays. L’adoption de cette mesure fiscale inefficace qui prolonge la récession n’a donc pas vraiment de sens.

Conclusion?
Même si la liste est loin d’être exhaustive, il est triste de constater que le protectionnisme se vend presque toujours très bien en période de recul économique, et ce, malgré les avantages maigres et temporaires qu’il procure par rapport aux gains incalculables de la mondialisation du commerce. Quel est notre espoir? Simplement que ces politiques soient rapidement oubliées, au gré du rétablissement continu de l’économie.

Source: http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/ten-reasons.aspx
Par Peter G. Hall,vice-président et économiste en chef EDC

Les récentes turbulences sur les marchés financiers ont réveillé les craintes d’une détérioration de la conjoncture. En Europe, la faiblesse de l’activité a ravivé les inquiétudes au sujet de l’orientation de la croissance planétaire et de la vulnérabilité du monde aux fissures structurelles causées par la grande récession. Pour le simple observateur, le tout a un air de déjà vu : la reprise naissante se transformera, dans le meilleur des cas, en une croissance modérée. Les moteurs de la croissance internationale se sont-ils grippés parce que certains rouages tournent au ralenti ou sont carrément bloqués, ou donneront-ils à l’économie mondiale l’impulsion nécessaire pour amorcer la prochaine – et exaltante – phase de sa croissance?

Les pessimistes ne sont pas à court de munitions. L’Italie replonge dans la récession tandis que le moteur allemand se grippe. La France est au « beau fixe » avec une croissance en panne, et peine à se sortir de l’impasse politique. Ce revers accablant est difficile à expliquer. Le conflit russo-ukrainien pourrait en être la cause; toutefois, la confiance des entreprises et des consommateurs n’est pas très loin des récents sommets. Les faiblesses budgétaires et financières existantes sont davantage un effet qu’une cause de la nouvelle contraction de l’économie européenne. D’après les principaux décideurs politiques et une foule d’éminents prévisionnistes, l’Europe traverserait des difficultés temporaires et renouerait bientôt avec la croissance.

Qu’en est-il du nouvel épisode de ralentissement des marchés émergents? Les principaux marchés présentent un tableau contrasté. Le Brésil souffre du tassement de l’investissement, d’une congestion généralisée des infrastructures et de l’incertitude entourant l’action gouvernementale – dont l’influence négative gagne le reste du continent. Quant à la Russie, sa croissance économique stagne en raison du durcissement des sanctions imposées par l’Occident. L’Inde, en revanche, voit ses perspectives s’améliorer à la faveur de l’élection du gouvernement de M. Modi. Ce dernier devrait d’ailleurs donner un nouveau souffle au programme de réformes, relancer l’investissement commercial et mettre en oeuvre des projets d’infrastructures essentiels. La Chine suit la même trajectoire, et espère une reprise du commerce international. Si cette reprise se produit – et il semble déjà qu’elle soit amorcée –, nos prévisions d’une croissance de 8 % en 2015 deviennent alors tout à fait réalistes.

Pourtant, ces facteurs n’alimentent pas la croissance : ils en sont les bénéficiaires. Une économie est-elle à l’origine de l’impulsion? Oui, et il se trouve qu’elle est notre premier marché. Aux États-Unis, les indicateurs économiques avancés prennent du mieux, et les indicateurs tardifs emboîtent aussi le pas. Ils confirment de façon évidente la présence d’une demande comprimée dans le logement, la consommation et l’investissement commercial. Cette demande comprimée figure parmi les grands facteurs confortant la viabilité de la croissance. Si la demande comprimée signale la nécessité d’une intensification des dépenses de la part des entreprises et des consommateurs, l’étape déterminante sera leur volonté de passer à l’action. Pour la première fois en cinq ans, la confiance retrouve des niveaux cohérents avec une croissance économique soutenue. Ce mouvement est particulièrement symptomatique vu le vent de pessimisme qui souffle depuis longtemps sur l’économie mondiale.

Il y a d’autres facteurs à prendre en considération. La réduction des mesures d’austérité publique représente le quatrième facteur, tandis que le resserrement de la politique monétaire constitue le cinquième facteur. Le retrait progressif de l’assouplissement quantitatif ne tardera pas à se solder par le relèvement des taux d’intérêt – une conséquence directe du renforcement de la croissance. Enfin, il existe un sixième facteur dont l’incidence est moindre, mais notable : la plupart des analystes admettent que le raffermissement de la croissance de l’économie américaine sera durable. Dans ses Prévisions à l’exportation de l’automne 2014, les Services économiques d’EDC tablent sur une accélération de l’économie américaine qui atteindra 2,2 % cette année, puis 3,6 % en 2015. Cette impulsion sera suffisante pour faire passer la croissance de l’économie mondiale de 3,2 % cette année et à 4 % en 2015 – et pour lancer le prochain cycle de la croissance à l’échelle de la planète.

Voilà d’excellentes nouvelles pour les exportateurs canadiens. Pour autant, elles ne garantissent pas que la croissance sera au rendez-vous. Heureusement, il y a d’autres bonnes nouvelles. Le resserrement de la politique monétaire américaine permet de croire que la faiblesse du dollar canadien persistera. Malgré les inquiétudes au chapitre de la compétitivité, les exportations progresseront assez pour inscrire des gains de 10 % cette année, puis de nouveaux gains de 6 % en 2015. Ce dynamisme entraînera à son tour une poussée de l’investissement des entreprises qui portera la croissance du PIB du Canada à 2,8 % en 2015.

Conclusion?
Les entreprises et les consommateurs américains sont de retour en piste. Ce retour se traduit déjà par une croissance robuste – et très attendue – des exportations canadiennes. Mais ce n’est pas tout. Les effets induits par la croissance américaine engendreront bientôt une hausse de l’activité dans les autres économies de l’OCDE et sur les marchés émergents. L’impulsion est transmise par l’économie américaine, mais la plupart des autres régions du monde bénéficient de l’effet d’entraînement. Les exportateurs canadiens devront s’assurer de pouvoir suivre le mouvement imprimé.

Source: http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/what-is-driving-growth.aspx
par Peter G. Hall,vice-président et économiste en chef EDC

Le risque politique a-t-il augmenté ces dernières années? Posez la question aux personnes que vous croisez dans la rue : il y a de bonnes chances qu’elles vous répondront par un « oui » sans équivoque. La crise nous a rendus friands de nouvelles à sensation, et la conjoncture politique mondiale constitue une source où les médias peuvent abondamment puiser. Des régimes apparemment bien en place sont tombés en quelques jours, ce qui a déclenché une vague d’événements du même genre dans d’autres pays avec des résultats semblables et a provoqué des secousses sur la scène politique mondiale. La stagnation persistante de l’économie semble exacerber les tensions et annoncer une ère d’instabilité politique accrue. Les troubles et les bouleversements sont-ils en hausse ou sommes-nous les victimes du battage médiatique?

Plusieurs indicateurs tentent d’apporter une réponse à cette question. Prenons d’abord l’outil Aon Political Risk Map qui sert à évaluer les risques politiques à l’échelle du globe. En 2005, les risques politiques semblaient s’atténuer et promettre un monde plus sûr. Trois ans plus tard, les cas d’amélioration de la notation des risques étaient presque trois fois plus nombreux que les cas de détérioration. Puis, en 2009, tout a changé : non seulement les cas de détérioration ont dépassé les cas d’amélioration, mais une nouvelle catégorie de risque « très élevé » a vu le jour; en 2012, les cas de détérioration étaient sept fois supérieurs aux cas d’amélioration. Heureusement, la situation s’est améliorée en 2013 – pendant un bref moment. Cette année, les cas de détérioration sont de nouveau plus nombreux, ce qui se répercute négativement sur chacun des pays BRICA.

Par ailleurs, cette évolution est confirmée par le Global Business Barometer. Dans sa dernière enquête, le baromètre révèle que 44 % des 1 500 dirigeants d’entreprise interrogés considèrent le risque politique parmi les grands risques avec lesquels ils doivent composer – soit la note la plus élevée depuis la brève histoire de cette enquête. Même si les résultats de l’enquête fluctuent depuis quelques années, il faut noter que le résultat de la récente enquête est supérieur au niveau d’inquiétude constaté tout de suite après le début du printemps arabe.

L’enquête sur les risques politiques réalisée par l’Economist Intelligence Unit et la MIGA montre un regain de l’inquiétude parmi les investisseurs internationaux, qui, au chapitre des contraintes à leurs investissements à l’étranger, place le risque politique tout de suite après l’instabilité macroéconomique. Cette inquiétude est attestée par une référence au Rapport sur l’investissement dans le monde publié par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. Cette publication répertorie les litiges entre les investisseurs et les États depuis le milieu des années 1980. Pratiquement nul lors de la première livraison du Rapport, le nombre de ces nouveaux litiges s’élève à 50, voire à 60, chaque année.

Les données compilées par l’Indice des États fragiles sur une période de dix ans dessinent une tendance inquiétante. Depuis 2005, le nombre d’États figurant dans les catégories « alerte élevée » et « alerte très élevée » a plus que doublé. Cet indice établit dans quelle mesure un État contrôle son territoire et la capacité de son gouvernement à mettre en place des politiques et à assurer des services publics adéquats.

Ensemble, tous ces indices dressent un portrait global dénotant une intensification du risque politique, ce que corrobore notre indice hybride puisqu’il a enregistré une forte hausse de plus de 50 % depuis 2005. Si cette tendance se maintient, les transactions internationales pourraient faire les frais de cette conjoncture périlleuse.

Les entreprises exerçant des activités internationales prennent bonne note de ces messages. Confrontées à la perception d’une montée de ces risques, elles sont plus nombreuses à souscrire une assurance risque politique. Le fait qu’elles soient davantage préoccupées ne signifie pas pour autant qu’elles renoncent à rayonner à l’international. Ces entreprises continuent de s’implanter à l’étranger, mais elles atténuent les risques en faisant appel aux instruments financiers à leur disposition.

Si cette attitude prédomine, ce serait réconfortant parce que les flux d’investissement internationaux sont essentiels à la transformation du commerce mondial. À mesure que la croissance se généralise, l’investissement international ne devrait pas seulement faire un retour, mais s’intensifier – pour des raisons évidentes comme l’accès aux ressources, à des marchés lucratifs, à des grappes de production et à des pôles de R-D, mais aussi grâce à l’accès à de vastes bassins de main-d’œuvre.

De toute évidence, le risque suit une tendance ascendante. Toutefois, le manque de données ne permet pas de conclure à un changement structurel et durable. Grâce aux technologies de communication, la capacité de mobiliser les populations a atteint un niveau sans précédent. Par ailleurs, il existe un autre facteur bien connu attisant le mécontentement : la faiblesse prolongée de l’économie. Le temps nous dira quels facteurs domineront.

Conclusion? Nous assistons sans contredit à une augmentation du risque politique. Les entreprises canadiennes présentes sur les marchés étrangers doivent connaître ce risque et les moyens mis à leur disposition pour l’atténuer. Avec un peu de chance, la reprise de la croissance inversera cette tendance.


Le présent propos est uniquement présenté à titre d’information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n’est faite à l’égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière, juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l’auteur se dégagent de toute responsabilité à l’égard des pertes ou des dommages attribuables à l’utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu’ils peuvent contenir.

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