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Blogue de Contacts Monde

Blog d'information destiné aux étudiants en commerce international,aux enseignants et PME. Il aborde selon des thématiques précises les nombreux aspects (droit, vente, recherche et identification des sources d'information, logistique, financements, web 2.0, sécurité, chaîne de valeur, RH, gestion des opérations)du commerce international.Un contributeur régulier est l'économiste en chef d'Exportation et Développement Canada
Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef EDC

Le 10 avril 2014

Tout bien considéré, les chiffres du commerce des marchandises publiés la semaine dernière sont pour le moins impressionnants. La météo difficile a fortement perturbé les indicateurs de janvier et de février, mais le commerce extérieur du Canada jusqu’ici résiste. Devons-nous attribuer cette situation à la chance, à notre capacité à tirer parti du mauvais temps ayant sévi ailleurs dans le monde ou bien à un autre facteur?

Ces trois éléments y sont sans doute pour quelque chose. Prenons la météo, par exemple. Les températures glaciales et les abondantes chutes de neige dans la plupart des États américains du continent ont fait grimper les exportations énergétiques. Résultat, les exportations de gaz naturel ont bondi de 87 % en février par rapport au niveau de l’an dernier. Il en va de même des exportations d’électricité qui ont connu une embellie de 82 %. Malgré les contraintes de transport ayant fait les manchettes, les expéditions de pétrole brut ont progressé de 16 % grâce à une reprise s’étendant sur trois mois. Ces chiffres impressionnants seront probablement aussi changeants que la météo, mais l’activité devrait retrouver un rythme plus normal d’ici la fin de l’année.

La météo exécrable pourrait aussi expliquer certains des gains notables enregistrés dans une catégorie moins connue de produits à l’exportation. En effet, l’an dernier, le Canada a exporté des produits de chauffage, de climatisation et de purification de l’air d’une valeur de plus de 1,3 milliard de dollars. En février, ces exportations affichaient une hausse de 26 % en glissement annuel. Toutefois, contrairement aux exportations énergétiques, cette hausse n’était pas liée aux aléas climatiques puisqu’elle a été constante depuis le début de 2013. En fait, il est plus probable que cette hausse soit attribuable à l’effervescence du marché américain du logement ainsi qu’à la montée récente de l’investissement résidentiel à l’ensemble des États-Unis.
L’intensification de l’activité dans le secteur de la construction résidentielle aux États-Unis est manifestement le principal moteur de l’éclatante performance des exportations canadiennes de bois d’œuvre. Ces derniers temps, la météo capricieuse et les contraintes de transport ont temporairement freiné la croissance; l’activité d’exportation devrait cependant s’accélérer au cours du printemps. La relance du marché américain du logement est sans doute le grand facteur à l’origine de l’augmentation soutenue des exportations de meubles et d’accessoires, qui se sont appréciées de 16 % par rapport à février dernier. Le retour de l’embellie dans le secteur américain du logement devrait se traduire par le maintien d’une belle performance dans les industries connexes au logement.

L’industrie des matériaux d’emballage et des contenants fait rarement, voire jamais, les manchettes. L’économie s’en trouve sans doute pénalisée étant donné que cette industrie pourrait nous donner des renseignements utiles au sujet des cycles de l’économie. Les acteurs économiques ayant tenu compte du repli marqué des exportations dans cette industrie en 2007 auraient pu déceler avec certitude la menace de la récession. Cette performance pourrait nous en dire long sur la dynamique sous-jacente actuelle de l’industrie aux États-Unis. La hausse rapide récemment constatée a entraîné une progression des exportations de matériaux d’emballage de 14 % en rythme annuel, un taux bien supérieur aux gains à un chiffre inscrits dans la période suivant la crise.
D’autres catégories présentent des gains remarquables, mais leur capacité prédictive n’est pas aussi sûre. Par exemple, le secteur canadien de l’aéronautique est réputé pour sa volatilité, une caractéristique qui vaut d’ailleurs pour l’industrie aéronautique mondiale. Il ne se dessine aucune tendance apparente pour les exportations d’avions, mais le sous-secteur des moteurs et des pièces offre un tableau différent. De fait, ce sous-secteur connaît une croissance remarquable et soutenue depuis que les expéditions ont atteint le creux de la vague en 2010. En février, les exportations de ce sous-secteur ont bondi de 21 % par rapport au niveau de l’an dernier, soit au-dessus du taux tendanciel récent. À mesure que l’économie mondiale gagnera en dynamisme cette année et l’an prochain, l’industrie aéronautique canadienne devrait aussi profiter du raffermissement de la demande et d’un dollar canadien moins robuste.

Les produits de la viande comptent également parmi les catégories d’exportations méconnues, mais en vive croissance. Fait à noter, l’an dernier, ce sous-secteur a réalisé des ventes à l’étranger d’une valeur de 5,7 milliards de dollars. Ce sous-secteur affiche en ce moment une progression de 19 % en glissement annuel, et il n’a cessé d’enregistrer une croissance respectable depuis 2011. Si ce sous-secteur est moins un précurseur des cycles à venir, il pourrait bien signaler une nouvelle tendance à long terme. L’augmentation de la richesse dans les diverses économies, et tout particulièrement les économies émergentes, devrait stimuler la demande auprès de l’industrie des viandes transformées. À titre d’exportateur net de qualité supérieure, le Canada devrait profiter de cette envolée de la demande. De plus, les accords commerciaux – comme l’Accord économique et commercial global, l’Accord de libre-échange Canada-Corée et, s’il est ratifié, et le Partenariat transpacifique – promettent d’accroître pendant longtemps les gains potentiels des produits canadiens sur ces marchés. Ainsi, pour de multiples raisons, il faudra suivre la performance de cette catégorie d’exportations.
Conclusion? L’embellie rapide des exportations dans ces secteurs méconnus est sans doute révélatrice de l’évolution de la demande mondiale à court et à long termes.

Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Le 6 mars 2014

L’agriculture fait rarement la manchette des médias. En fait, elle joue un rôle effacé dans l’économie même s’il s’agit d’un secteur crucial, mais méconnu. C’est le lot de l’agriculture, du moins jusqu’à ce qu’une crise vienne rompre sa chaîne d’approvisionnement. De simples rumeurs de pénurie de vivres suffisent à semer la panique, les rayons d’épicerie se vident dès qu’un événement quelconque provoque une ruée de ravitaillement en aliments de base. Il semble de plus en plus plausible que ce secteur qui joue les seconds rôles occupera le devant de la scène économique. D’où vient cette célébrité soudaine?
Ce changement d’attitude n’est pas évident à la simple lecture des données. En effet, le secteur agricole primaire représente à peine 1,1 % du PIB canadien. L’ajout des aliments traités porte ce taux à 3 % du PIB. Décrit sous forme de proportion des échanges commerciaux, le secteur agricole primaire et des aliments traités fini par atteindre 11 % des exportations de marchandises. Il s’agit d’un taux élevé, certes, mais rien pour voler la vedette. Comment s’explique alors la cote de popularité montante de ce secteur?
Bref, le monde a de plus en plus faim. Voilà un cliché, mais il est bon de rappeler que grâce aux progrès des marchés émergents au cours des trois dernières décennies des millions de personnes gonflent les rangs de la classe moyenne chaque année. À elle seule, la Chine enregistre une augmentation de 40 millions de personnes. Pour l’Inde, cet afflux se situe entre 10 et 20 millions de personnes et sa cible annuelle de 30 millions n’est donc pas irréaliste. Ces chiffres sont impressionnants, mais ce n’est qu’un début : l’Indonésie, le Brésil, le Mexique, les Philippines, le Vietnam et d’autres pays figurent parmi les États qui encouragent vivement la croissance de ce groupe de consommateurs. L’importance de cette classe montante s’explique par son appétit. Elle s’accroît en fonction de ses revenus et exerce des pressions qui pourraient être bientôt inexorables sur l’approvisionnement mondial.
Cette tendance influence déjà les statistiques agricoles. Notre pays qualifié de grenier trouve-t-il ce pactole? Eh bien, il l’a trouvé. En 2002 les marchés émergents représentaient 14 % des exportations agricoles canadiennes, part non négligeable, quoiqu’elle dépasse 30 % aujourd’hui. De 2000 à 2013, l’essor des exportations vers les pays de l’OCDE a été de 4 % en moyenne. Bien que ce taux ne soit pas faible, il faut savoir que cet essor des ventes à destination des marchés émergents a atteint 8,8 %, plus du double. Dans la foulée du retour à la croissance mondiale, il est probable que ce taux augmentera.
Il n’est pas facile de restreindre cette tendance à des pays en particulier. Dans ce cas-ci, la Chine fait bande à part, car elle représente plus du tiers de nos exportations agricoles vers les marchés émergents et sa croissance se fait à un rythme débridé de 16 % l’an. À part cet exemple, il est difficile de distinguer la répartition par pays du volume et de la croissance. Les dix autres marchés émergents affichent une hausse moyenne de plus de 10 % par an, l’Inde en tête, suivie de la Russie et, plus récemment, de l’Indonésie. Ensuite, il y a des pays à la progression moins rapide, des étoiles montantes comme le Vietnam dont la croissance annuelle est vigoureuse.
Les cyniques pourraient dire à ce propos que ces échanges sont axés uniquement sur les produits de base et que, dans ce cas également, nous n’ajoutons pas beaucoup de valeur aux biens exportés. Vrai, 65 % de ces échanges commerciaux actifs viennent des cultures agricoles. Or, par rapport aux produits végétaux, aux produits d’origine animale et aux aliments traités, il s’agit de la catégorie à la croissance la plus lente. Par ailleurs, les exportations du secteur de la fabrication d’aliments vers les marchés émergents, soit 30 % du total, sont en hausse de 12 % en moyenne chaque année. L’élevage d’animaux, à peine 5 % du total, affiche une augmentation annuelle de 18 %.
Ces chiffres ont de quoi impressionner et leurs statistiques sont demeurées essentiellement intactes lors de la crise mondiale. Au moment du retour à la croissance mondiale, il n’est pas difficile d’imaginer que ce taux de croissance rapide s’accélérera encore. La croissance à elle seule accentuera l’accession de consommateurs à la classe moyenne tandis que les futurs accords de libre-échange favoriseront une libéralisation progressive de l’agriculture mondiale. Pour ce qui est des pays comme le Canada, exportateurs nets de produits alimentaires, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle et d’une promesse de gains potentiels plus grands encore.
Conclusion? À l’aube du prochain cycle de croissance mondiale, le secteur canadien de l’agriculture s’apprête à engranger des gains substantiels. De tels progrès risquent de faire pâlir d’envie les autres secteurs dont les avancées ne seront pas aussi significatives.
Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Le 27 février 2014

La montée de l’emploi, du PIB, des indicateurs avancés, de la confiance et d’autres signaux clés de la croissance ne préoccupe pas beaucoup. Il en va autrement des taux d’intérêt, dont la progression est généralement perçue comme déplaisante. Après trois ans et demi d’indifférence, ces taux suscitent un intérêt renouvelé : l’ampleur et la vitesse des augmentations et les mesures à prendre pour s’y préparer, s’il y a effectivement changement des taux.
La montée de l’inflation alimente aussi les conversations et l’inquiétude. Dans mes deux derniers propos, j’ai évoqué des facteurs imminents entravant le développement de l’économie – comme la pénurie de main-d’œuvre, le manque d’infrastructures de transport et une capacité industrielle insuffisante –, des facteurs qui nous permettraient de croire dans la nécessité de relever les taux pour empêcher une folle envolée des prix. Il y a cependant une autre façon de voir les choses. La croissance, la bonne nouvelle du jour, peut agir comme un catalyseur. Si la croissance, avant tout mondiale, est vraiment de retour, alors la politique monétaire actuelle est de toute évidence trop accommodante pour assurer la stabilité des prix. Voilà, me direz-vous, le genre de problème qui n’a rien d’accablant…

On ne peut nous reprocher de nous inquiéter. Après tout, on s’habitue à de faibles taux d’intérêt. Les Canadiens ont profité de la récente conjoncture monétaire en portant le ratio de la dette personnel au revenu aux niveaux affichés avant la crise par nos voisins américains. Depuis des années, l’activité des marchés du logement dépasse amplement les exigences démographiques, ce qui est d’habitude un signe de surchauffe. Dans ce contexte, des taux d’intérêt plus élevés ont un impact plus important qu’à l’habitude sur ce secteur, dont la contribution globale atteint 61 % du PIB.
Nous pouvons nous inquiéter, mais nous devons garder à l’esprit que les décideurs sont bien conscients de cette réalité et que la stabilité des prix ne suppose pas de freiner la croissance économique. En fait, cette hausse pourrait bien se révéler avantageuse à l’heure où le commerce international vient dynamiser les exportations canadiennes. Le ralentissement de l’économie intérieure réduit les tensions sur la main-d’œuvre, les infrastructures de transport et la capacité industrielle actuelle. Au cours des dernières années, le commerce extérieur s’est davantage orienté à répondre à la demande intérieure.

Si le passé est garant de l’avenir, il pourrait nous être utile d’examiner la façon dont les taux d’intérêt ont fluctué. Comparons les cycles de resserrement par rapport à la politique d’assouplissement monétaire subséquente. La plus récente période d’appréciation des taux (de 2005 à 2006) a été d’une durée et d’une ampleur moindres que la réduction des taux qui a suivi (en 2007 et 2008). Tel est le cas si nous suivons l’abaissement des taux jusqu’aux creux historiques de 2009. Le scénario a été très semblable lors du resserrement de 1997 à 1998 par rapport à la période d’assouplissement de 2000 à 2002. Les cycles de resserrement et d’assouplissement lors de la période de turbulence au milieu des années 1990 ont été l’occasion de hausses marquées des taux d’intérêt, mais aussi d’un cycle d’assouplissement prolongé et aux effets importants. Il suffit de regarder les données du début, milieu et de la fin des années 1980 pour formuler le même constat : l’assouplissement des taux nominaux dépasse généralement le taux de resserrement des taux.
La situation pourrait être différence cette fois, mais la plupart des fluctuations de taux ne semble pas le confirmer. Il est toujours difficile de prédire le développement réel des taux à partir de notre point de vue actuel. Il est toutefois utile de savoir que les cycles de resserrement ont généralement l’effet d’un stimulant (plutôt que d’un frein) en périodes d’expansion économique. Dans le cas du Canada, il est peu probable que la croissance entraînera une poussée simultanée de tous les moteurs de l’activité économique : le cycle de resserrement devrait donc se situer dans la normalité, apaisant du coup les nombreux acteurs économiques redoutant une évolution irrégulière. Selon nos prévisions, des hausses des taux d’intérêt se produiront à partir du début de 2015, une tendance qui se maintiendra à court terme, en fonction de la conjoncture. Le moment et l’ampleur de ces changements de taux restent à déterminer, mais une chose est sûre : l’évolution des taux emprunte déjà une trajectoire à la hausse dans un horizon à long terme.

Conclusion? L’évocation d’une montée des taux d’intérêt est une bonne nouvelle puisqu’elle annonce un renforcement de la confiance dans la croissance à court terme. Cette mesure augmentera les coûts d’emprunt, mais nous aurons sans doute, comme par le passé, la capacité de répercuter ou d’absorber ces coûts.
Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Le 20 février 2014

À l’effondrement du commerce international en 2009, l’économie canadienne s’est tournée vers son marché intérieur et, pour une fois, y a découvert une source de croissance stable. Cette source ayant été exploitée, les observateurs s’intéressent à nouveau – et depuis un certain temps – au commerce, mais jusqu’ici rien de bien exaltant en vue. Le commerce extérieur du Canada avancera-t-il sur la voie de la croissance ou subira-t-il plutôt une terrible déconvenue?

Lors du dernier cycle de croissance économique, la croissance des exportations canadiennes a largement éclipsé celle des autres secteurs de l’économie avec une progression moyenne annuelle de 5,6 %. Le Canada a retrouvé ce rythme dès la fin de la crise de 2008-2009. Pourtant, depuis deux ans, la croissance annuelle a été ramenée à tout juste un peu plus de 1 %, ce qui a étouffé les aspirations des acteurs du commerce. Mince consolation, la croissance moyenne des exportations mondiales était d’à peine 2,9 % pendant le même intervalle, mais en termes relatifs le Canada a continué de perdre du terrain. Un revirement de situation est-il possible ou avons-nous un réel problème sur les bras?

Le commerce extérieur canadien doit composer avec d’importantes difficultés (ou vents contraires) aggravées par le recul des cours des produits de base. Ainsi, les cours hors énergie se sont repliés de 10 % en glissement annuel, malgré des hausses récentes, alors même que les cours énergétiques stagnent depuis deux ans. Les volumes augmentent, sans doute, mais les marges diminuent. Les contraintes de transport deviennent de plus en plus problématiques puisqu’elles limitent les volumes. Par ailleurs, la suspension des travaux de construction du pipeline Keystone a ralenti l’acheminement du pétrole vers les États-Unis, obligeant l’industrie à recourir davantage au transport ferroviaire, lequel dispose de moins de capacités d’expédition pour d’autres marchandises en vrac.

Le problème de la main-d’œuvre se profile aussi à l’horizon. Certes, la mondialisation accrue du commerce permet de contourner cette difficulté structurelle, mais cette situation finit par peser sur les données des exportations. Le resserrement des liquidités mondiales constitue une nouvelle menace non seulement pour le Canada, mais aussi pour toutes les nations commerçantes. L’adoption de nouvelles réglementations et la fin progressive des extraordinaires mesures monétaires pourraient rendre difficile la recherche des fonds nécessaires aux activités commerciales, en particulier sur les marchés émergents. En considérant aussi la faiblesse de l’investissement des entreprises canadiennes, le protectionnisme mondial induit par la crise et la multiplication des troubles politiques sur certains marchés, la liste des vents contraires est imposante.

Il existe tout de même des facteurs positifs, et certains annoncent la fin prochaine de grandes difficultés. Le plus important facteur : la relance de la croissance mondiale, portée par le réveil de l’économie américaine. Le Canada constate déjà des effets très positifs au chapitre de ses exportations, qui sont alimentées par les bons chiffres d’indicateurs avancés clés aux États-Unis. Cette amélioration permet de croire que d’autres exportations suivront bientôt. De plus, la dépréciation du huard, maintenant de 7 % inférieur à sa valeur moyenne de 2013, pourrait se traduire par une hausse d’environ 1 % du PIB, à condition que cette situation persiste.

Dans le même temps, la diversification du commerce vers les marchés émergents en effervescence semble se poursuivre. Le recul de l’activité sur le marché intérieur pourrait inciter les exportateurs ayant pendant quelques années misé sur le dynamisme intérieur à reprendre du service. Dans un marché mondial où les liquidités se font plus rares, la solidité du système financier du Canada pourrait se révéler un précieux atout pour les exportateurs, tout comme d’ailleurs les accords de libre-échange et d’investissement que le Canada a signés ou qu’il est en train de négocier. Sous cet angle, la perspective d’une activité dynamique des exportations à court terme s’en trouve améliorée.
La mauvaise tenue des exportations à ce jour fait craindre que le Canada se fasse damer le pion. L’hésitation des entreprises est compréhensible après cinq années de crise mondiale, et il reste à déterminer si l’investissement sera de nouveau au rendez-vous. Le potentiel est énorme vu les liquidités des entreprises. Dans le secteur automobile, on décèle les premiers signes d’investissements considérables. En ajoutant à ce tableau une myriade de projets potentiels dans l’industrie des ressources, on serait en droit d’attendre à moyen terme un boum de l’investissement dans le secteur des exportations. L’avenir nous le dira.

Conclusion? Le redémarrage de la croissance du commerce se manifeste d’habitude par une accélération vive et soudaine de l’activité. Il est encore trop tôt pour mettre le commerce extérieur du Canada sur la touche, mais vu l’amélioration de la conjoncture, il vaut mieux surveiller l’évolution de ce secteur dynamique.

Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.


Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef EDC
Le 12 décembre 2013

Exportation. Mondialisation. Diversification. Nous associons généralement ces termes aux consonances internationales aux grandes entreprises. Il nous arrive même de penser que la nouvelle réalité du commerce mondial – où tout rime avec imposant et vaste – n’est pas faite pour les petites entreprises et qu’elles n’y ont pas vraiment leur place. Dans ce modèle commercial, la taille et l’étendue des activités seraient des éléments essentiels pour soutenir avec succès la concurrence. Ce raisonnement oublie cependant un fait primordial : toutes les entreprises ont commencé modestement, y compris dans le monde de l’exportation. Alors, comment se portent les petits exportateurs canadiens?
La plupart des 1,1 million de petites entreprises au Canada réalisent leur chiffre d’affaires sur le marché intérieur. Une faible portion d’entre elles – soit une sur trente – exporte, et la grande majorité exporte surtout aux États-Unis. Mais cette tendance a changé au cours de la dernière décennie. La débâcle du secteur des technologies, les attentats du 11 septembre et l’alourdissement des contrôles à la frontière qui en a résulté, conjugués à l’envolée du dollar canadien ainsi qu’à la crise financière et économique de 2008-2009 ont radicalement éclairci les rangs des petites entreprises exportant aux États-Unis.
Dans le même temps, les petites entreprises s’intéressent davantage aux marchés d’exportation plus risqués. Les données confirment d’ailleurs que depuis dix ans elles sont plus nombreuses à exporter vers les marchés hors OCDE. Au cours de ce bref intervalle, la part de ces entreprises actives dans ce créneau de l’économie mondiale a augmenté de façon spectaculaire. En 2000, seulement 11,9 % des petites entreprises s’implantait sur les marchés émergents. En 2008, cette proportion a atteint 29 %, et elle est demeurée constante durant la période de l’après-crise.
Les petits exportateurs représentent une fraction minime des acteurs du marché, mais on aurait tort de conclure qu’ils ne méritent pas notre attention. Ce serait là une erreur monumentale. Ce segment dynamique est déjà une force nouvelle – et puissante – dans l’économie canadienne. Pour s’en convaincre, regardons les chiffres : de 2000 à 2011, la part des ventes des petites entreprises vers les pays hors OCDE a plus que triplé pour s’établir à plus de 17 %. Sans surprise, durant ce même intervalle, le nombre d’entreprises présentes sur les marchés émergents aurait aussi triplé.
Si impressionnante que soit cette amélioration, les trois dernières années de données disponibles, soit de 2009 à 2011, révèlent que cette tendance n’a pas progressé. La débâcle économique et financière a plombé les ventes pratiquement partout, elle a accru l’aversion pour les risques et elle a incité les exportateurs canadiens à se tourner vers le marché intérieur, plus stable. Le rapide rebond des ventes sur le marché américain survenu entre 2010 et 2012 a rivalisé avec l’essor des marchés émergents, ce qui a maintenu inchangée la part des activités durant cette période. Certains analystes ont alors déduit que l’intérêt des petites entreprises à l’égard des marchés émergents s’était dissipé. Mais est-ce le cas?
Dès la reprise du nouveau cycle de la croissance mondiale – qui se produira d’après nous en 2014 –, les marchés mondiaux se stabiliseront et suivront une trajectoire de croissance qui, sur les marchés émergents, atteindra au moins le double du taux des pays de l’OCDE. Les entreprises averties en quête d’occasions de croissance reconnaîtront et tireront de nouveau parti de cette dynamique. À la faveur de la présence déjà importante des petites entreprises sur la scène internationale, on constate une baisse des risques perçus et un élan qui favoriserait le retour de cette tendance. Si tel est le cas, plus de la moitié des petits exportateurs exercerait leurs activités sur les marchés émergents d’ici 2020, c’est-à-dire plus du double du nombre total actuel d’entreprises.
Et si cette activité s’intensifiait? Une connaissance plus approfondie de la dynamique de l’économie mondiale et des débouchés sur les marchés, une disposition plus favorable à l’égard des risques, des outils d’atténuation des risques mieux connus et plus accessibles de même qu’un recours plus marqué aux politiques sont autant de bonnes raisons de croire que l’on pourrait atteindre ces chiffres en cinq ans à peine.
Conclusion? Les superlatifs utilisés pour décrire l’économie actuelle ne s’appliquent pas seulement aux grandes entreprises. Les petites entreprises canadiennes se lancent aussi à la conquête du monde, et ce, avec d’excellents résultats. Leur incursion sur des marchés moins bien connus ne fait probablement que commencer et leur contribution deviendra un remarquable facteur de croissance au cours du prochain cycle.
Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Le 5 décembre 2013

Avant la crise, on s’inquiétait d’une pénurie des ressources. Depuis que celle-ci a frappé, c’est la confiance qui est devenue la ressource la plus rare. Mais voilà qu’après une longue hibernation, la confiance – l’enfant prodigue de l’économie mondiale – refait surface et se normalise dans nombre de puissantes économies. Heureusement, les exportateurs canadiens emboîtent vraisemblablement le pas. En effet, l’indice de confiance commerciale de l’automne 2013 établi par Exportation et développement Canada est de nouveau en hausse – la première augmentation consécutive de cet indice depuis trois ans. Alors, est-ce le retour de la confiance?
Il semblerait que oui. La récente montée de l’indice, plus rapide que lors du sondage du printemps, a poussé la confiance commerciale au-dessus de la moyenne enregistrée entre 2003 et 2007, soit durant la période d’expansion de l’économie mondiale. Au sortir de la crise, la confiance a dépassé les 75,4 points actuels, mais ces niveaux étaient instables. Après le déploiement de la phase la plus intense des programmes de relance, les résultats ont été exceptionnellement fluctuants. Or, les deux récentes hausses de l’indice empruntent une trajectoire parmi les plus stables qui aient été observées depuis des années.
Les bons résultats du sondage de l’automne s’expliquent surtout par le changement radical des perceptions à l’égard de la conjoncture économique mondiale. Ainsi, pour la première fois depuis le début 2011, la part des répondants s’attendant à une amélioration a dépassé celle escomptant une détérioration. Les exportateurs canadiens croient, du reste, qu’ils profiteront de cette évolution positive. La majorité d’entre eux (55 %) estiment que les ventes à l’exportation progresseront au cours des six prochains mois : il s’agit là du pointage le plus élevé des cinq éléments de l’indice. Seuls 8 % des répondants appréhendent une baisse des ventes.
Dans le même temps, les exportateurs affichent un regain d’optimisme quant aux débouchés internationaux. Plus du tiers des répondants constatent maintenant une amélioration des débouchés à court terme, contre un peu plus du quart des répondants du sondage du printemps. L’activité de l’économie américaine en serait la cause : 40 % des exportateurs ont vu grimper leurs ventes à destination des États-Unis depuis six mois, contre 35 % au sondage du printemps. Cette reprise ne se limite pas au marché américain. La moitié des répondants entendent suivre la tendance amorcée il y a une décennie en vendant dans de nouveaux pays d’ici les deux prochaines années – alors que seulement le tiers d’entre eux ont accru leurs ventes sur de nouveaux marchés depuis deux ans. La diversification des exportations semble donc se confirmer.
L’optimisme est le plus marqué dans les secteurs des mines et des hydrocarbures. L’indice de l’automne 2013 a augmenté par rapport au faible résultat du sondage du printemps, qui avait sans doute souffert du repli des cours mondiaux des métaux, des goulots d’étranglement dans les réseaux d’acheminement du pétrole et du gaz naturel ainsi que du tassement des cours du pétrole canadien. Même si les cours demeurent à la baisse, les problèmes d’acheminement des hydrocarbures évoqués lors du sondage du printemps ne seront pas aussi prononcés. Le secteur des transports réalise aussi des gains importants, ce qui est étonnant vu les déficiences de l’offre qui freinent les exportations de véhicules automobiles et de pièces. Cette performance pourrait cependant révéler des perspectives nettement plus favorables pour la filière aéronautique canadienne. De son côté, l’industrie légère a aussi dégagé des gains respectables. Par contre, l’agroalimentaire et la foresterie formaient le seul groupe d’industries où la confiance était en berne.
La confiance commerciale s’améliore partout au pays. Selon le sondage d’automne d’EDC, la région de l’Ouest dégage les plus forts gains, suivie de près par l’Ontario, tandis que le Canada Atlantique présente la hausse la plus faible de l’indice.

Dans un contexte de raffermissement de l’économie mondiale, il est réconfortant de voir les exportateurs canadiens manifester un plus grand optimisme. Notre marché intérieur montre des signes d’essoufflement : l’économie canadienne devra pouvoir compter sur un secteur à l’exportation dynamique pour maintenir la cadence. Pour le moment, la confiance témoignée par les exportateurs conforte ce scénario.
Conclusion? On n’hésite pas à qualifier d’utopie le rééquilibrage des moteurs de la croissance – où les ventes à l’exportation prennent le relais des ventes sur le marché intérieur. Pourtant, ce rééquilibrage est en cours. Les exportateurs vous le diront : ils jouent gros sur les marchés mondiaux, et leur bonne disposition vient de faire un bond satisfaisant.

Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef
Le 19 septembre 2013

Voilà que les puissantes économies BRICA ralentissent nettement la cadence. On leur accolait d’emblée le terme « résilience » – vu leur résistance durant la période de l’après-crise –, et bon nombre d’observateurs désignaient ces économies en plein essor comme des moteurs de la croissance mondiale. Pourtant, 2013 a marqué la seconde année de difficultés pour cet auguste groupe, et ce, alors même que les pays de l’OCDE renouent résolument avec la croissance. Certains spécialistes vont même jusqu’à prédire la fin des beaux jours des économies BRICA, ce qui était impensable il y a tout juste quelques mois. La rapide croissance des BRICA pourrait-elle tirer à sa fin?

Lors des cinq années précédant la crise, les économies BRICA ont dans l’ensemble inscrit une croissance moyenne annuelle avoisinant
9 %. Ce taux était d’à peine 7 % de 2008 à 2011, ce qui demeure tout compte fait très impressionnant. Toutefois, la croissance globale est descendue à 5,6 % en 2012 et même plus bas cette année. Si ces chiffres sont remarquables pour les nations de l’OCDE, ils mettent les marchés émergents au bord de la crise.
De fait, la croissance léthargique des États-Unis et de la zone euro durant la période de l’après-crise a profondément terni la performance commerciale des économies BRICA. Pour compenser cette atonie, les BRICA ont individuellement lancé un éventail de mesures de relance extraordinaires sur les plans budgétaire, monétaire et du crédit, mais les récentes séries de mesures n’ont pas été aussi efficaces. De plus, chacune des économies BRICA a dû suivre la ligne étroite tracée entre, d’une part, s’attaquer à une demande en berne et, d’autre part, alimenter l’inflation – ce qui a compliqué la mise en œuvre des politiques. Parallèlement, les niveaux plus élevés d’endettement des ménages résultant des politiques pèsent maintenant sur la consommation.

La Chine illustre bien cette dynamique. Les formidables plans de relance déployés après la crise ont aggravé les excès dans les secteurs immobilier et financier. Le gouvernement chinois, en hésitant de prime abord à étendre ces mesures et en tolérant pour la première fois une croissance moins vigoureuse, a en fait avivé les craintes. Et pour cause : un ralentissement de l’économie chinoise aurait des répercussions évidentes sur les autres pays BRICA. Alors, la situation actuelle, somme toute peu réjouissante, persistera-t-elle?
Les BRICA doivent manifestement composer avec certains des maux accompagnant les « crises de croissance », mais aucun n’est pour le moment menaçant. Après tout, il est normal que des économies en effervescence butent contre des obstacles, même majeurs. Pour autant, la plupart des économies BRICA affichent des bilans satisfaisants, même si ces bilans ne sont pas aussi positifs qu’avant la crise. La Chine et la Russie, en particulier, disposent de nombreuses options en matière de politiques pour éviter une décélération trop rapide.

La plupart des pays BRICA utilisent d’ailleurs cette marge de manœuvre. Ainsi, la Chine s’est attelée au rééquilibrage de son économie afin de rendre la consommation des ménages moins tributaire du commerce et de l’investissement. De leur côté, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud consacrent des sommes colossales pour combler des déficits chroniques en infrastructure. Dans certains cas, le cycle des politiques a des effets positifs. Par exemple, les dépenses préélectorales en Inde et en Afrique du Sud devraient améliorer la situation. Le Brésil devrait lui aussi passer à l’action pour respecter les échéances établies pour les grands rendez-vous sportifs à venir. Après les élections de 2014, on pourrait voir un renforcement des perspectives de stimulation de la compétitivité au terme de réformes difficiles et parfois impopulaires. Les importantes réserves de trésorerie de la Russie permettent d’espérer que la diversification industrielle et l’infrastructure qui lui est nécessaire verront le jour.

Même si le potentiel de croissance à moyen et à long termes reste relativement important, les perspectives à court terme des BRICA se trouvent bonifiées par l’accélération de la reprise américaine et une amélioration conjoncturelle dans la zone euro et au Japon. De plus, ces perspectives bénéficient de la croissance favorisée par les politiques. Les économies BRICA devraient donc regagner l’activité commerciale perdue lors de la crise et les années d’après-crise et, ce faisant, accroître le dynamisme de leur économie intérieure.
Conclusion? Le ralentissement des économies BRICA assombrit la performance à court terme des exportations canadiennes vers certains marchés, même si les expéditions vers la Chine et l’Inde dépassent considérablement celles à destination des États-Unis. Il est peu probable que les entreprises exportatrices ayant connu ces dernières années des niveaux élevés de ventes vers les marchés émergents se laissent décourager par la morosité actuelle. D’ailleurs, il y a de bonnes chances que l’on assiste à une amélioration des perspectives de croissance à court terme pour les pays BRICA. Les craintes devraient donc rapidement céder la place à des possibilités accrues.

Ces rapports, qui compilent des renseignements publics, ne visent pas à fournir des conseils précis et les lecteurs ne doivent pas les considérer comme une source sûre. Aucune mesure ou décision ne doit être prise sans la tenue de recherches indépendantes et l'obtention de conseils professionnels. Bien qu'EDC fasse des efforts raisonnables pour s'assurer que les renseignements contenus dans ces rapports sont exacts au moment où ils sont versés sur son site Web, elle n’en déclare ni n’en confirme ni l'exactitude, ni l'opportunité ni l'intégralité. Elle se dégage de toute responsabilité à l'égard des pertes ou des dommages pouvant résulter de leur inexactitude ou des erreurs ou omissions qu'ils peuvent contenir.

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En 2009, la crise a été pain béni pour les tenants des politiques expansionnistes. Devant les largesses des États, les observateurs ont salué le retour du keynésianisme, tandis que de nouveaux projets publics énormes étaient annoncés dans le monde entier. La chute des coûts d’emprunt a beaucoup ajouté aux festivités. Mais la fête s’est arrêtée brusquement au milieu de 2010 quand un ralentissement soudain de la croissance a amené à s’interroger davantage sur l’efficacité des nouveaux programmes et sur leur incidence sur la stabilité des systèmes budgétaires et monétaires.

Des craintes relatives à la pertinence des choix budgétaires ont entraîné un renversement de politique qui a court-circuité la reprise. Le quasi-effondrement des finances publiques à la périphérie de l’Union européenne a été suivi de mesures tellement draconiennes que la faiblesse économique qui en est résulté empêche d’atteindre les objectifs budgétaires – et fait planer la menace d’une spirale infernale de compressions toujours plus fortes. Pendant ce temps, la politique monétaire n’a guère eu plus d’effet stimulant, et un resserrement à moyen terme semble inéluctable.

Contrairement aux intentions originales, le « frein engendré par les politiques » figure maintenant au premier rang des facteurs qui pèsent sur l’opinion actuelle. Lorsque l’on parle d’une longue période de croissance atone, souvent présentée comme étant la « nouvelle norme », on s’empresse souvent de mentionner la nécessité d’une longue période de resserrement des politiques, de faire état de projections financières sombres bien au-delà du moyen-terme, et de rappeler des règles générales sur les effets restrictifs des taux d’intérêt plus élevés.

Derrière les manchettes alarmistes et le regard sombre des décideurs, les résultats des mesures récentes commencent déjà à dépasser les attentes. Aux É.-U., une croissance plus forte et un revirement sur le marché du logement aux abois améliorent les finances budgétaires et font revoir les projections à la hausse. Des États il y a quelques années au bord de la faillite doivent maintenant gérer des excédents. La croissance a toujours cet effet. En revanche, les attentes ne bougent pas au Japon et l’Europe ne voit pas encore le bout du tunnel. Sera-t-elle victime d’une spirale infernale qui empêche des politiques de réussir ailleurs?

Pas si vite. L’Europe ne devrait plus tarder à voir les dividendes du resserrement courageux de sa politique. D’après le FMI et l’OCDE, de nouvelles restrictions budgétaires représenteront en 2014, en part du PIB, une fraction de la moyenne de 2011-2013, si les plans actuels tiennent, dynamique qui devrait produire non seulement une croissance économique supérieure aux prévisions, mais aussi des résultats budgétaires. En même temps, les banques centrales insistent généralement sur la nécessité de maintenir des mesures de relance monétaire jusqu’à l’amélioration de l’économie.

Les analystes s’entendent en général pour dire que la politique budgétaire et monétaire des plus grandes économies est à peu près juste. Une enquête récente de Consensus Economics montre que seuls se démarquent les É.-U., l’Italie et les Pays-Bas, où les analystes estiment que la politique budgétaire est trop restrictive, et l’Allemagne, où 65 % des analystes pensent que la politique monétaire est trop souple. La plupart des répondants croient aussi que les politiques actuelles seront maintenues. Les É.-U. sont là aussi l’exception, puisque la politique monétaire devrait y être resserrée et qu’il y apparaît nécessaire d’assouplir la politique budgétaire. La France et l’Italie jugent aussi que la politique budgétaire devrait stimuler davantage, tandis que les analystes japonais sont d’avis qu’elle devrait être plus restrictive et qu’elle le sera.

Conclusion?

La politique budgétaire freine déjà la croissance, et continuera de la freiner, mais peut-être pas pour aussi longtemps que beaucoup le croient maintenant, étant donné la vitesse à laquelle se produisent les renversements de dynamique budgétaire. On s’attend généralement à un resserrement de la politique monétaire, mais de manière à stimuler la croissance économique naissante et pas le contraire. Autant dire que dans les prochains mois, il faudra faire preuve de beaucoup de dextérité pour arriver au bon dosage de politiques. Aux yeux des analystes, il sera plus important que jamais de bien jauger l’impact des politiques pour assurer l’exactitude des prévisions économiques à court terme.

http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/policy-drag.aspx
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Les flux d’investissement direct transfrontaliers sont l’un des ingrédients essentiels de la recette du commerce international moderne. Ces flux nous donnent accès à des ressources clés et des marchés en pleine croissance et permettent la mise en place de systèmes de production qui correspondent mieux aux caractéristiques économiques nationales ou régionales grâce aux efficacités des chaînes d’approvisionnement mondiales. Il est donc vital de surveiller de près les mouvements de capitaux dans le monde. Que pouvons-nous dire de l’activité récente?

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) surveille l’évolution de l’investissement direct étranger dans le monde, et les chiffres pour 2012 ont été publiés il y a tout juste trois semaines. Les chiffres révèlent des mouvements surprenants. À l’échelle mondiale, l’investissement transfrontalier a baissé de 18 % l’an dernier, après des gains successifs d’après-crise en 2010 et 2011. Les marchés développés ont été les plus touchés par la baisse des entrées, affichant une chute de 32 % par rapport à 2011. Ils ont aussi mis 23 % de moins sur la table pour des investissements ailleurs. Parallèlement, les courants d’investissement vers les marchés émergents ont également diminué, mais seulement de 4,4 %, ce qui leur a permis de dépasser pour la toute première fois les entrées de capitaux des marchés développés. Les marchés émergents représentent maintenant 52 % des entrées mondiales au titre de l’IDE.

Les résultats sont inégaux d’un marché émergent à l’autre. Les flux d’investissement direct sont en baisse dans toute la zone BRICA et au Mexique. Le Brésil est le seul grand marché peu touché. Tous les autres, sauf la Russie, ont enregistré en 2012 des baisses supérieures à 10 % : l’Afrique du Sud (-24 %), l’Inde (-29 %) et le Mexique – considéré comme zone d’investissement stable – (-41 %, avec simultanément plus du double de sorties). Mais ces baisses sur les grands marchés ont été compensées par des augmentations – parfois spectaculaires – sur divers marchés émergents moins stables.

À de rares exceptions près, le tableau est négatif pour les marchés développés. Les entrées dans l’UE ont chuté de 41 % en 2012 et les sorties, de 37 %. Tandis que l’on parle de « rapatrier la fabrication », les entrées de capitaux aux É.-U. ont baissé de 26 %, et les sorties, plus substantielles, de 17 %. L’IDE a également diminué dans d’autres pays de l’OCDE, mais bien moins, et grâce à la hausse de l’investissement étranger japonais, les flux sortants d’autres pays de l’OCDE ont résisté, ajoutant encore 11 % à leur tendance à la hausse d’après la crise.

Somme toute, les chiffres sont décourageants, car ils laissent entrevoir un recul débilitant des ajouts à la capacité de production mondiale. Toutefois, remise en contexte, l’évolution semble logique. La peur panique d’un effet de contagion en Europe après l’effondrement du gouvernement grec a rendu très frileuses les entreprises, qui disposaient généralement de beaucoup de liquidités. À cela s’ajoutait la peur d’un ralentissement général sur les marchés émergents. Le retour de confiance récent des consommateurs et des entreprises dans les principaux pays de l’OCDE, plus les contraintes de capacité plus marquées dans l’économie américaine pourraient vouloir dire qu’en 2013, les entreprises dépensent plus de leurs liquidités disponibles.

Mieux encore, le Canada s’est très positivement démarqué de la tendance en 2012. D’après les chiffres de la CNUCED, les entrées au titre de l’IDE ont augmenté de 9,6 %, ce qui reste nettement inférieur au pic d’avant la récession, mais marque cependant une troisième hausse successive. De même, l’IDCE a augmenté de 8,2 % en 2012, signe de la volonté soutenue des entreprises canadiennes d’investir sur des marchés étrangers.


Conclusion?

L’investissement mondial peut être instable et l’évolution de l’an dernier pourrait n’être qu’une anomalie passagère. L’investissement suit la croissance et les estimations récentes à la hausse de celle-ci laissent augurer une réaction positive de l’investissement. Cela fait plaisir de voir les investisseurs canadiens prendre une longueur d’avance.

http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/global-investment.aspx
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Voilà un moment que l’économie mondiale connaît un phénomène saisonnier désagréable. En effet, depuis quelques années, l’été tue immanquablement la dynamique de la production mondiale. La question la plus cruciale des Prévisions à l’exportation d’EDC de l’été 2013 est sans doute de savoir s’il en ira encore de même ou si nous allons rompre cette année avec cette triste tradition.

Il est difficile d’accepter le nouveau schéma comme étant une tendance en raison de la diversité des événements imprévisibles qui en sont la cause. L’économie mondiale s’est retrouvée en pleine crise à l’été 2008. Les mesures de relance ont fait de l’année suivante une exception, mais la fin de la croissance induite par ces mesures a tué la croissance à l’été 2010. Les répercussions du Printemps arabe et une incroyable série de catastrophes naturelles ont étouffé l’élan amorcé à l’été 2011. Et l’an dernier, le bouleversement inattendu du gouvernement grec et les craintes immédiates d’un effet domino généralisé ont sapé à l’été la dynamique de début d’année. En ira-t-il autrement cet été?

Un coup d’œil à des développements inquiétants pourrait faire redouter le pire. Le Brésil et la Turquie sont en proie à des protestations de masse, le conflit s’intensifie en Syrie et le renversement du président Morsi en Égypte déstabilise encore plus le Moyen-Orient et fait grimper les cours pétroliers. Pour ajouter à l’incertitude, la simple mention d’un plan de sortie de l’assouplissement quantitatif a semé le trouble sur les marchés boursiers mondiaux, entraîné la dépréciation de quantité de monnaies, fait monter les taux obligataires et affaibli les cours des principaux produits de base. Certes, il s’agit de différents problèmes, mais ils arrivent tellement à point nommé qu’on croirait un autre coup du sort.

Avant de trop nous résigner, il y a un côté positif important, même s’il ne fait pas autant la une. Notez la montée perceptible de la dynamique que les récents événements ne viennent pas enrayer. La croissance de l’activité est en augmentation de façon plus marquée dans le secteur privé aux É.-U., et en Europe et au Japon, les estimations de croissance sont en hausse depuis quelques semaines en réponse à des mesures stratégiques, mais aussi aux facteurs fondamentaux de la croissance. Et enfin, la confiance remonte. C’est le cas sur six des huit derniers mois en Europe. L’indice Tankan japonais est au plus haut depuis début 2008, et il en va de même des consommateurs américains qui, depuis deux mois, tournent vraiment le dos à leur long pessimisme provoqué par la récession.

C’est un dilemme croissance- confiance qui a empêché l’économie de repartir après la crise de 1929. Il est donc important de voir se redresser ces deux facteurs en même temps à une large échelle régionale, visiblement tout seuls, sans l’aide d’une nouvelle série de mesures de politique novatrices. À ce stade, cela ressemble à un antidote naturel au ralentissement estival lié à des événements qui est devenu quasi systémique.

Dans ses prévisions de l’été, EDC estime que la dynamique actuelle va se maintenir. Malgré un fléchissement en début d’année, la croissance mondiale devrait rester résiliente de manière générale durant l’été et à l’automne, avec une moyenne de 3,3 % cette année, pour passer à 4,1 % en 2014. L’amélioration sera plus marquée sur les marchés développés, qui passeront de 1,4 % en 2013 à 2,3 % en 2014, même si la performance globale des marchés émergents est appelée à rester meilleure encore, à 5,1 % et 5,8 % respectivement les deux prochaines années. Donc, les exportations canadiennes devraient augmenter de 7,4 % en 2013. La baisse du cours des produits de base pèsera cependant sur la croissance l’an prochain, qui devrait s’établir à 4,7 %.

Conclusion?
L’avenir nous dira si les chocs négatifs de cet été mettront encore à mal l’économie mondiale. Cette fois, elle semble monter l’assaut le plus crédible contre le marasme depuis 2009. Le moment est critique, et il se fait attendre depuis longtemps.

http://www.edc.ca/FR/Knowledge-Centre/Subscriptions/Weekly-Commentary/Pages/summer-break-blues.aspx
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